‹ La messe (volume 5)Chapitre 126 sur 303 · Westwood, Palcvographia sacra.’ picturce · texte numérisé non relu

Westwood, Palcvographia sacra.’ picturce

DALMATIQUES

IXe SIÈCLE.

Rome nous offre, pour la période carlovingienne, des monuments intéressant l’histoire des dalmatiques; nous citerons d’abord, dans les Catacombes, la chapelle de saint Cornélius, la fresque qui représente des saints en costume sacerdotal et dont le caractère paraît être du ixe siècle1. Ils ont sous leur chasuble une dalmatique à manches très longues.

La tribune de Saint-Marc de Rome possède une mosaïque du ixe siècle, dans laquelle les diacres saint Felicissimus, saint Agapitus sont représentés en dalmatique ; c’est encore la coupe du siècle précédent, avec moins d’ampleur aux manches; les claves sont rouges, les filets des manches rouges aussi, et les deux raies horizontales sur la poitrine. Enfin on retrouve la frange de gauche, que nous avons signalée la première fois sur la pierre antique rapportée par Montfaucon'2. Nous donnons (PL DXXXIX) la copie de la figure du saint, d’après un dessin que nous avons pris sur place en 1887.

A Sainte-Praxède3, le pape Pascal fit représenter, en pendant de sa propre image, celle du diacre saint Zénon, revêtu de sa dalmatique, vêtement semblable à ceux de la mosaïque de Saint-Marc; on y remarquera les deux claves qui descendent le long de la tunique, les larges manches bordées de deux filets avec une série de petites croix entre ces filets, comme à la dalmatique de Moyen- Moutiers.

Sur le paliotto de Milan, les dalmatiques des diacres ont des manches moins amples que celles que nous avons vues précédemment; elles laissent paraître en bas une partie considérable de l’aube et aux poignets les manches serrées de cette tunique intérieure. Celles dessous-diacres paraissent ceintes. (PI. VIII.) Dans la mosaïque absidale de Saint-Ambroise, que nous avons attribuée au

i xiic siècle, les diacres conservent encore les anciens modèles, c’est-à-dire la dalmatique blanche avec grandes manches et claves rouges descendant jusqu’en bas. La tunique qu’on aperçoit au-dessous est bleue. (PI. XVII.)

Dans les restaurations de la liturgie romaine, les vêtements sacerdotaux sont rendus plus conformes à ceux de l’église maîtresse des églises. Ces changements sont fort coûteux, et il n’est pas douteux que Charlemagne ne contribuât, par ses libéralités, à les faciliter. Lorsque nous le voyons donner des vêtements aux églises épiscopales d’Angleterre, pour le repos de l’âme du pape Adrien1, nous ne saurions admettre qu’il oubliât la France et qu’il ne distribuât pas des dalmatiques. Il dut y avoir, sous son règne, une fabrication de nombreux ornements ecclésiastiques et les riches monastères suivaient l’exemple de l’empereur. Saint Angésise (-J- 833) donnait « dalmaticas mite nistrorum ministerio aptas sex , rocum subj « diaconalem unum 2. »

Théodulphe, dans son poème, célèbre ainsi la dalmatique :

Linea crusque pedesque tegant talaria ut apte Qui super addatur eompagus ipse decens.

Fundere aquam pahnis mantilia ferre studemus Impexo, tunicis instita longa damus

Candida ut extensis niteat dalmatica rugis Fimbria neve erret huic sine lege levis 3.

A cette époque, le symbolisme se développe pour les vêtements liturgiques. La dalmatique, aux yeux des écrivains carlovingiens, est taillée en forme de croix, pour avertir celui qui la porte qu’il doit être crucifié au monde. A gauche, elle est garnie de franges, parce que la gauche rappelle la vie présente, et que les franges figurent les soucis dont elle est hérissée. La partie droite, qui signifie la vie future et qui est dépourvue de franges, montre que les âmes des saints seront affranchies de ces peines et livrées à la contemplation bienheureuse. Elle est sans couture pour signifier l’intégrité de la foi. La largeur des manches est un symbole des largesses de la charité et de l’aumône h Amalairc se complaît, commesescontemporains,

1 . De Rossi, Koma sott. , I, p. Soi. Voy. notre vol. I, p. io5.

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