TEMPS MODERNES
« tête ', de peur que regardant librement tout « autour de nous, nous pensions à des choses « défendues. La poitrine et le cœur en sont cou- « verts, parce que l’esprit du prêtre doit être tout « entier fixé à ce qui est sous ses yeux. Les cor- « dons qui servent à lier l’amict signifient l'intente tion et la force avec lesquelles on doit entre- « prendre une œuvre pour qu’elle s’exécute, non « avec le levain de la malice, mais avec les azymes « de la sincérité. »
Dans une miniature de la Bibliothèque nationale (latin i 5 6 r 9, f° 3o), l’évêque consacré a une serviette nouée sur la tête comme un bandeau et retombant sur le dos; Msr de Montault, que je consultai sur cet objet, y voit simplement, non l’amict, mais le linge pour Ponction.
L’usage de l’amict se poursuit, longtemps après le xme siècle, dans les conditions que nous venons de voir, avec des collets richement parés d’or, de pierreries et d’images; on trouve mentionnées dans l’inventaire de Charles V, de 1379, « une touaille « parée reluisant vermeil à ymages enlevées et « sont les dyadèmes pourphilés de perles et sont les « quatre évangélistes. — Une autre touaille parée « sur champ d’or, à l’ouvrage de Rouménie a « demy appostres plaz et aux deux boutz deux « écussons de M. le Dauphin 1 2. »
On conserve encore d’anciens amicts à Halberstadt et à Dantzig 3. Ce dernier, dans l’église de Notre-Dame, a une parure qui n’occupe pas, comme le collet de Sens, un côté entier du rectangle. Cette parure à fond de velours rouge est brochée en fils d’or et garnie de plaques en argent découpé. Le centre de ces plaques est émaillé en bleu, portant alternativement la lettre M (Maria) et des rosettes à cinq pétales 4.
D’après un usage flamand qui subsiste à Bruxelles, l’amict est une sorte de capuchon.
On sait combien la Bibliothèque royale de cette ville est riche en manuscrits des xive et xvesiècles; on peut dans leurs miniatures étudier la forme des
1. A Angers, du temps de Montfaucon, le prêtre qui chantait la Passion avait la tête couverte d’un amict. Montfaucon, ms. latin, iigia, f° 1 58.