On croit cependant que son usage remonte au vi* siècle
de voir le peintre en revêtir Notre-Seigneur luimême dans les fonctions liturgiques. Nous y retrouvons le semis de croix dans des cercles, les larges manches bordées; seulement, au lieu des deux claves, nous avons ici une collerette et une large et riche bande centrale qui descend en avant. (PI. CI.)
Le saccos a été maintenu dans les usages des Grecs. M. Durand a dessiné à Athènes, en i83q, une peinture qui rappelle exactement ceux que nous venons de citer; l’étoffe avec semis de cercles crucifères, les bandes latérales, la bordure inférieure quadrillée, les manches courtes, la tunique du dessous. (PI. DXLIII.)
Les siècles, depuis le xie, ne semblent avoir modifié en rien la forme et l’ornementation du saccos; on peut rapprocher, pour s’en convaincre, les images précédentes d’un charmant triptyque grec dont on nous a permis de copier les figures au Cabinet des médailles. (PL DXLIII.) Saint Chrysostôme, entre saint Nicolas et saint Basile, y paraît vêtu de cette tunique; elle est blanche au fond et semée de croix d’azur et de disques d’azur avec croix d’or. Des claves doubles en or descendent latéralement, des filets d’or bordent
MESSE
DALMATIQUES
les manches. Au-dessous, on distingue l’étole d’or avec franges versicolores et tunique blanche avec deux'claves pourpres de chaque côté. On remarquera que les évêques assistants’ sont revêtus de chasubles, ce qui prouve la moindre dignité de cet ornement h
Nous donnons, page 89, le croquis du vêtement des diacres, dessiné à l’église grecque de Paris; il est vert et semé de croix (tradition de l’antique Stauracin) ; sous le cou est une large plaque d’or.
On conserve au musée de Kensington le saccos de l’archevêque Denys, fait parle tzar Ivan Wassilievitch, en mémoire de son fils, en i 5 83 ; il est orné de madones répétées et de bordures de perles.
Dans la sacristie synodale de Moscou2, on voit encore le saccos de Photius, métropolitain de toute la Russie, inondé de broderies, sans manches, et ouvert jusque sous les aisselles. Malgré cette richesse, ce vêtement nous paraît bien inférieur à ceux qu’on vient de citer dans l’ancienne Eglise grecque.
XIIe SIÈCLE.
Nous avons étudié et dessiné, dans le trésor de Saint-Pierre de Rome, une riche dalmatique, que l’on doit considérer comme un des monuments les plus précieux des vêtements liturgiques3. Elle n’a