‹ La messe (volume 5)Chapitre 15 sur 303 · VU · texte numérisé non relu

VU

AMI CTS.

sa soutane, fait passer les cordons sous ses bras, et après les avoir croisés sur le dos, les ramène et les attache sur la poitrine '. — En se couvrant de l'amict, il prononce ces paroles, qui rappellent clairement son usage de le mettre sur la tète: « Impone, « Domine, capiti meo galeam salutis ad expu- « gnandos diabolicos incursus. »

Nous avons vu, dans les lignes qu’on vient de lire, que le prêtre, dans les sacrifices antiques, avait la tète couverte, ce qui constitue une sorte d’usage de l’amict. Le soin que prirent les apôtres d’éloigner les rites païens delà liturgie chrétienne, engagea peut-être saint Paul à prescrire aux hommes de prier la tête découverte ; mais nous avons vu que les femmes devaient au contraire rester

i. Ann. arch., VI, p. i 5q.

voilées à l’église, et que leurs voiles avaient justement le nom d’amict. Ne peut-on pas supposer que la tradition antique se soit conservée par elles et d’une façon inoffensive au point de vue canonique, puisqu’elles n’intervenaient pas dans le sanctuaire, et qu’après la destruction complète du paganisme, l’usage en ait été repris par les prêtres?

Quoi qu’il en soit, il nous apparaît dans le premier ordo romain, qu’on peut faire remonter au moins à saint Grégoire, et enfin d’une façon incontestable dans les écrivains du ixe siècle, qui l’entourent déjà de formules symboliques.

Au xe siècle, il s’enrichit d’or; il prend bientôt cette riche parure, forme de collet appliqué au bord supérieur, où nous verrons le xie siècle et les suivants verser des perles, des pierreries et de brillantes broderies. Ce luxe et cette façon subsistèrent jusqu’aux temps modernes, qui revinrent à la simplicité antique.

Bibliothèque nationale.

AUBES

ORIGINES

Dans l’ordre actuel de la vestition sacerdotale, l’aube vient en second rang; l’aube est une tunique de lin, talaire, et qui, à l’origine, se confond souvent avec la dalmatique;à cause de sa longueur, elle doit être ceinte.

La tunique occupait une place importante dans la liturgie juive, comme on le voit par ces paroles du Seigneur à Aaron : « Faciès tibi tunicam hyacinthinam », l’hyacinthe, couleur bleue, selon Jean de Bayeux (-J- 1079) ', désignant la voie sacerdotale, toujours occupée du ciel.

Il est possible que les chrétientés de Syrie en aient reçu directement l’usage de saint Jacques, par souvenir des anciens Juifs; mais je crois qu’à Rome et dans l’Occident, ce vêtement passa de l’usage commun dans les rites chrétiens.

A cause de sa longueur, les Grecs l’appelaient poderis , les Latins talaris, ou lui donnaient, à cause de sa couleur blanche, le nom à' alba, qui lui est resté2; on l’a désignée aussi par linea , supparus , subucula, camisia 3.

Vopiscus parle d’une alba serica, tunique faite

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