Riegel, Catalogue, n
XIIIe SIECLE.
en soie pourpre éclatante, avec galons d’or et médaillons circulaires renfermant des lions, ce qui la fait appeler par Bock1 dalmatica leonata. C’est la première fois que nous observons trois galons au lieu des deux claves antiques; celui du milieu déjà plus large que les autres et semblant présager leur prochaine disparition. (PI. DLIV.)
La forme de cette dalmatique que Bock attribue au milieu du xne siècle est presque moderne; évasée par le bas, elle est garnie de manches assez étroites, mais qui se rattachent au corps du vêtement par d’énormes goussets. Le caractère des lions, franchement arabes, nous avertit que nous sommes ici devant une étoffe de fabrique sicilienne. M. Jahr, gardien du trésor, a eu la bonté de nous fournir la photographie, les dessins et mesures de ce précieux vêtement.
En 1 1 2 7, l’inventaire de Bamberg nous rappelle qu’il y avait dans ce trésor « dalmaticœ xm ex his ix cum aurifrigio; tunicelle subtilis xvi exhiisvm cum aurifrigio 2 ».
A l’Exposition de Crefeld (1887), on voyait des dalmatiques du xne siècle, intéressantes comme monuments de cette histoire, celles entre autres de l'ancienne chapelle de Ratisbonne, taillées dans des étoffes sarrazines. On y lisait une inscription qui rappelait que l’une avait été faite à Palerme pour Guillaume-le-Bon , roi des Normands ( 1 1 66- 1 1 89). Au lieu du fil d’or de Chypre, on remarquait dans ce tissu d’étroits lacets dorés à l’extérieur3.