Quicherat, Hist. du Costume en France
CHASUBLES
dans Rome, portait une robe pourpre et une chlamyde parsemée d'étoiles d’or1.
Le mot amphibalum ou amphibalus semble particulier aux écrivains gaulois2. Saint Remy de Reims (-J- 533) laisse à son successeur amphibalum album paschalem. Le contexte du testament semble bien prouver qu’il s’agit d’un vêtement d’église. Dans la vie de saint Bonet (-j-710), écrite par un contemporain, il est mentionné que ce saint arrosait de ses larmes le sommet de son amphibalus : « Lacrimarum ei gratia in sacro non « deerat officio ita ut amphibali summitas, qua « caput tegebatur ex profusione earum madida « videretur. » Le capuchon paraît indiquer que ce vêtement servait dans le chœur. Dans un fragment du rituel gallican du ixe ou xe siècle, le mot amphibalus intervient comme équivalent de casula : « Casula quant amphibalum vocant, quod « sacerdos induetur [sic) tota unita... Ideo sine « manicas (sic) quia sacerdos potius benedicit « quant ministrat. Ideo unita prinsecus, non scis- « sa, non aperta... » (Martène, Thés, anectod., t. IV.)
La chasuble s’est appelée aussi in/ula, et surtout pænula , désignation la plus conforme, comme nous le verrons, à son origine, et dont les Grecs ont longtemps conservé le nont et la forme sous les blanches draperies de leur phénolion.
L’origine de la chasuble a été fort discutée ; on a cru la discerner dans la toga sénatorial ou consularis, dans la robe sénatoriale4, enfin dans la pænula5.
Je ne mets pas en doute que les premiers vêtements liturgiques des chrétiens furent empruntés aux usages communs des Romains. Je ne pense pas toutefois que la toge ait pu leur servir de modèle en cette circonstance, car elle était le privilège des grands, des fastueux, lorsque le christianisme n’avait guère encore d’autres adeptes que les petits et les humbles, lors que les persécutions aussi bien que ses docteurs l’obligeaient aux plus modestes dehors.