Voy. Marangoni, Belle Cose gentilesche. ch. xxxm
Etudions rapidement ce qu'était la toge antique et cherchons au milieu des contestations d’une telle étude si nous pouvons saisir quelque rapprochement avec la chasuble telle que nous l’a livrée la tradition.
Ferrari n’hésite pas à adopter cette origine. Sarnelli 1 semble confirmer son opinion en disant que la toge était ronde, fermée de tous côtés, qu’elle se passait par un orifice où l’on introduisait la tête et le bras droit; selon lui, le bras gauche restait enfermé pour relever les longs plis des draperies.
D’autres auteurs veulent^aussi que la toge étendue par terre ait eu la forme d’un cercle complet.
Bouillon, Dezobry, d’après Denys d’Halicarnasse2, adoptent la forme du demi-cercle. Rich pense que primitivement elle fut une simple écharpe n’atteignant pas même le demi-cercle, et que, par suite du luxe, de l’ampleur qu’il donnait au vêtement, le cercle devint complet et s’appela toga fusa, dont la lourdeur, l’incommodité et la cherté devaient amener bientôt la disparition. Rubienus a prétendu que la toge était ronde et fermée.
Lens, dans son excellent ouvrage3 sur le costume antique, lui suppose une largeur inférieure au demi-rayon de la circonférence; pour la vestition, il dit qu’on plaçait un des bouts au pied gauche, qu’on la relevait sur l’épaule, abaissait sous l’aisselle droite, relevait de nouveau sur l’épaule gauche pour la laisser retomber derrière le dos presque jusqu’à terre. Weiss voit dans la toge une sorte de losange curviligne 4.
Quand on se représente la multitude de statues drapées de la toge que nous a léguées l'antiquité, on a peine à concevoir les incertitudes qui régnent sur la coupe, ou les auteurs ont cru discerner toutes les formes excepté la carrée, qui n’est acceptée par personne5. On comprend en cela la difficulté de déplier par la pensée ses amples draperies, la méfiance que doivent nous inspirer de simples descriptions, et enfin la néces-