‹ La messe (volume 5)Chapitre 173 sur 303 · Science du costume, 1802, p · texte numérisé non relu

Science du costume, 1802, p

5. Ménard, La Vie privée des Anciens, la Famille dans l’antiquité, 289.

ORIGINES

site, pour étudier sérieusement cet objet, de recourir à des expériences réelles, l’étoffe en main. C’est ce que nous avons cherché à faire le plus souvent possible en composant cet ouvrage, et ce que l’obligeance de M. Perrin, directeur du Théâtre-Français, nous a permis relativement à la toge.

Les artistes dramatiques ont une compétence en ceci incontestable, car ils sont obligés de copier en action les statues que les auteurs ne font que peindre et représenter, ils méritent donc plus de confiance, et j’aime à rappeler ici le dessin d’une des toges employées au Théâtre-Français, selon les anciennes traditions qu’on y conserve. Cette toge blanche, bordée de pourpre, est un segment de cercle composé de quatre lés et bordé d’une bande de pourpre. Elle subit une flexion de om35 dans la partie droite1.

Vestiaire du Théâtre-Français.

Cette forme, qui se rapproche le plus de celle adoptée par Lens, a pour elle l’autorité de l’expérience, et nous montre clairement qu’il n’y a rien de commun entre ce singulier vêtement et nos chasubles.

Je dois dire que les partisans de la toge classique comme origine de la chasuble sont rares, mais on s’est rabattu sur la toga picta ou consu-

i. J’ai essayé la mise de ce vêtement. On place d’abord le côté B C sur l’épaule gauche; au droit des coutures A A’ l’étoffe est déjà plissée pour permettre une vestition plus rapide.

laris dont les dyptiques nous offrent de si riches images. On nous montre la figure de saint Grégoire couverte des insignes consulaires, et on nous dit : Voici le costume sacerdotal 1 antique. Mais ici on rencontre la même difficulté que précédemment, une plus grande encore, puisqu'il s’agit de déshabiller des personnages qui n’ont pas un relief complet, qui sont couverts de trois vêtements superposés2 et qui se confondent presque sous les mêmes dessins.

J’accepterai volontiers de voir dans ces somptueux ivoires que nous avons examinés en grand nombre et avec soin l’origine du pallium, l’antique lorum, la dalmatique, mais il me semble impossible de saisir une ressemblance quelconque entre la toge consulaire et nos chasubles primitives; cette toge nous paraît une réduction ridicule de la toge classique3, une sorte d’étroite écharpe enroulée une ou deux fois autour du corps.

Du reste, nous descendons ici beaucoup dans l’ordre des temps; nous avons, avant beaucoup de ces dyptiques, des chasubles déterminées dont la pænula nous présente le type incontestable, et nous savons que la vraie toge avait déjà été remplacée presque partout par ce vêtement.

On peut se convaincre de l’extrême ressemblance de la pænula romaine avec ces chasubles primitives, d’un caractère clairement liturgique, et c’est là, et non dans la toge qu’il faut, croyonsnous, chercher le type original. Il est donc important de montrer le rôle de ce vêtement dans l’antiquité, les raisons de son introduction dans l’Eglise, et les témoignages que l’histoire nous en a laissés.

A mesure que la toge devenait plus incommode et les Romains plus amateurs de leurs aises, ce vêtement disparaissait; on ne le portait plus que dans les rares circonstances officielles par respect pour la tradition et pour rappeler le nom de gens togata dont ils étaient si fiers. La pænula fut un de ceux qui le remplaçaient le mieux. C’était dans

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