Lib. IV, cap. lxxxiii, lxxxiv, 23o
Migne, LXXV, 461, 1 163.
VIe SIECLE.
« tête, est dessiné un nimbe carré, symbole des « vivants; ce qui prouve que saint Grégoire se fit « ainsi lui-même représenter, non par vaine gloire « mais pour laisser son souvenir parmi les « moines. »
On voyait encore dans l’atrium du monastère, près de la nymphée, le portrait de son père et de sa mère, Gordien et Silvie. Gordien était régionnaire, sans doute notaire ecclésiastique; il portait, au-dessus de la dalmatique, une chasuble couleur châtaigne (Gordiani habitus castanei coloris planeta est) ; il était chaussé de caliges. Silvie avait aussi une chasuble au-dessus de la tunique griscendré, un voile et la mitre des matrones1.
Il est embarrassant de dire l’autorité que mérite cette description de Jean Diacre qui écrivit l’histoire de saint Grégoire sur l’ordre de Jean VIII (872-882), parce que la mosaïque n’existe plus. Je ne connais pas de plus ancien exemple de nimbe carré que celui du pape Jean VII (yo5- 707), à Saint-Pierre; il était, au contraire, très fréquemment employé du temps de l’écrivain. D’autre part, l’usage de la chasuble pour les femmes est un titre d’antiquité. Ce document, en tout cas, a une valeur incontestable pour le ixe siècle i.
La chasuble était encore au temps de saint Grégoire un vêtement extérieur3, le fait est prouvé par l’anecdote d’un abbé persan, nommé Jean, qui vint à Rome à cette époque pour vénérer les reliques des Apôtres : « Un jour, raconte-t-il lui- « même, je me trouvais au milieu de la ville, « lorsque je rencontrai le pape Grégoire; je me « préparais à le saluer, mais, le croiriez-vous, il « me prévint, s’agenouilla devant moi, et ne vou-
1. Candido velamine a dextro humero taliter contra sinistram revoluto contecta, ut sub eo manus tanquam de planeta subducat et circa pectus sub gula inferior tunica pseudolactini (gris cendré) coloris appareat, quæ magno sinuamine super pedes defluat... ferens in capite matronalem mitram candentis brandei raritate niblatam...
Le groupe de saint Grégoire et de ses parents fut restauré par Rocca (+ 1620), et souvent reproduit depuis, notamment dans Baronius (Ann., XI, 57), par les Bollandistes, etc.
Je crois me le rappeler mieux représenté dans une aquarelle de Ciacconio au Vatican, parmi les curieux manuscrits qui nous y conservent tant de souvenirs précieux.
2. Nous devons citer ici une imagede Paul Ior (+ 767), qui fut retrouvée à Sainte-Marie Libératrice dans le souterrain. (Marucchi, Description du Forum.)