Adversus Pelag., lib. I, cité par Lebrun
VIe SIÈCLE.
mi-jambes et garnie de manches très amples. On ne peut voir dans ces images des réminiscences du costume chrétien, qui devait Être talaire; je ne sais cependant si, pour les diacres, dont les fonctions exigeaient une grande liberté de mouvement, la tunique n’était pas raccourcie ; des peintures des catacombes nous autoriseraient à le croire '.
VIe-VIIe SIÈCLES.
Saint Grégoire le Grand écrivait à l’évëque de Syracuse que si les sôus-diacres de Sicile usaient de tuniques de lin, c’était par la permission de l’Eglise romaine (1. VII, ep. 64). Quelquefois il envoyait lui-même des aubes et des étoles : « Duas « autem camisias et 4 oraria vobis transmisi, quæ « prædictis viris ex benedictione S. Pétri peto « humiliter offerri » (lib. VI, epist. 27). Selon Jean Diacre, quand il allait à cheval et qu’il suivait la procession, il était reconnaissable par la foule de ceux- qui l’accompagnaient, vêtus de chasubles et de tuniques de lin, « cumque ex planetarum, « mappulatorumqueprocessionibus magnum ponte tificem cognovissent. » L’historien ajoute plus bas que les tuniques étaient à manches étroites. Les dalmatiques étaient larges de manches, comme il paraissait par celle de Paschase, diacre de l’Église de Rome (1. III, c. 59).
Saint Isidore2 semble ne donner les aubes qu’aux diacres à l’autel : « Qui propterea albis « induti assistunt, ut celestem vitam habent, candidique ad hostias, immaculatique accédant. » Néanmoins, le concile de Braga les recommande aussi aux sous-diacres, quand il ordonne aux diacres de ne plus porter leurs étoles sous leurs aubes, parce qu’ils ne peuvent plus se distinguer ainsi des sous-diacres (can. 9).
(1) M. Qüicherat, dans son Histoire des costumes, dit que la tunique des ordres inférieurs était moins longue et s’appelait camisia.
2. Voici comme le saint docteur définit la tunique poderis: «Poderis est tunica sacerdotalis linea corpori adstricta usque ad pedes descendens... hæc vulgo camisia vocatur. »
Garrucci, Storia dell’ Arte.
Le concile de Narbonne (589) ordonne aux diacres, sous-diacres et aux lecteurs, de ne pas quitter l’aube avant la fin de la messe « (nullus) an- « tequam missa consummetur, alba se præsumat « exuere » (can. 1 2).
Grégoire de Tours (in vita S. Aridii) : « Diacones « in albis exeunt ad processum, plebs clamat pro « nimborum incursu. »
A Saint-Apollinaire de Ravenne, dans les métopes oü sont figurées les scènes de l’Évangile, le pharisien et le publicain du temple sont l’un et l’autre représentés en prière. Sous leurs chasubles ils portent des tuniques descendant jusqu’aux chevilles, blanches et ornées de clavi ; celle du pharisien a de plus une inscription hébraïque que le P. Garrucci interprète par « mon Dieu. » Les manches sont ornées d’un double galon foncé, elles sont étroites et serrées aux poignets, ce qui nous fait considérer ces vêtements comme des aubes. (PI. DLXII.)
Saint Fulgence (-f- 533) se servait pour le ministère du vêtement de la vie usuelle, disant que « pour le saint sacrifice il vaut mieux changer de cœur que d’habit. »
Il est question dans la vie de saint Césaire (f 542) d’une aube qui lui servait dans les cérémonies pascales; un jour, voyant son trésor épuisé et n’ayant rien à donner à un pauvre qui lui demandait l’aumône, il entra dans sa chambre, y prit une chasuble qui lui servait dans les processions, et une aube pascale (albam paschalem) et les lui donna h
Les Bollandistes parlent de l’aube de saint Guénolé (455-5 i8), abbé de Landevenec (diocèse de Quimper), que l’on disait posséder avant la Révolution. Cette aube était toute plissée sous les aisselles, on admirait qu’après tant de siècles elle eût si bien conservé sa forme et son intégrité 2.
Du temps de Claude de Vert, on conservait à Saint-Sauve de Montreuil, au diocèse d’Amiens, « une aube très ancienne, ornée par le haut d’une