Patrologie grecque, XCVIII
Butler, 192.
Thomassin, 999.
montrer, d’après les peintures, que la couleur la plus ordinaire pour ce vêtement était le blanc.
L’auteur de la vie de saint Ignace remarque que Photius, pour attacher les prélats plus étroitement à son parti, bénissait les chasubles et les étoles avant de leur en faire présent.
L’évêque de Jérusalem croyait conserver les vêtements de l’apôtre saint Jacques ; il les envoya à saint Ignace, en lui disant qu’ils servaient encore dans les fonctions liturgiques : « Poderem et « superhumerale cum mitra, pontificalem stolam « sancti Jacobi apostoli, primi archiepiscoporum, « quant antecessores mei patriarchæ, circumamicti « semper in sancta sanctorum ingrediebantur, sait cerdotio fungentes, qua et ego ipse indutus sum, « transmisi, » etc. Ignace voulut être enterré dans cette chasuble L
IXe SIÈCLE.
Il était difficile d’accroître l’ampleur des chasubles, mais, sans doute, le prix de leurs tissus s’éleva dans le rapport des munificences de Charlemagne et de la richesse de l’Église. Nous avons de nombreux monuments carlovingiens qui nous permettent de les étudier (ixe siècle) ; citons d’abord, au Latran, le groupe de Saint-Pierre, donnant le pallium à Léon III et l’étendard à Charlemagne : Léon, agenouillé, est enveloppé dans les larges plis d’une chasuble jaune qui figure peut-être l’or du modèle et qui est dessinée par des traits rouges2. Il s’y cache les mains comme sous un voile, pour recevoir le présent du prince
I Thomassin, 797.
2. De nombreux documents existent en dehors de la restauration qu’on en a faite.
Ciacconio (+ 1599), Cod. vat., 5407, p. 97.
Le cardinal F'ederico Borromeo, avant 1601, en fit un dessin, Trattato di sacra pittura, Milan, 1624.
Massarelli, dessin.
Marco Velsero, dessin perdu.
Rascas de Bagarris (t 1620), dessin publié par Spon dans les Miscellanea eruditœ antiquitatis, 1 685.
Grimaldi (1621), manuscrit de la Bibliothèque Ambroisienne à Milan.
Alemanni, De Parietibus, 162b, p. 55.
II y a des différences sensibles dans les copies qui nous sont restées du groupe de droite :
Le pape, par exemple, n’a pas de barbe dans le dessin de
CHASUBLES
des Apôtres. Cette composition qui occupe le tympan de droite, servait de pendant à une autre figurant Notre- Seigneur entre saint Pierre et Constantin , mais elle offre plus d’authenticité quant aux formes générales, car, si elle fut refaite au xvine siècle, les ouvriers chargés de la restauration purent calquer l’ancienne mosaïque existante, tandis que la seconde fut restaurée d’après une aquarelle qui pouvait n’être pas fort exacte. (PI. DLXV.)
A Sainte-Suzanne’, dans une mosaïque malheureusement perdue, Léon III s’était encore fait représenter debout avec une chasuble bleue, une tunique rouge, des sandales rouges, un pallium blanc avec croix rouges. (PI. DLXV.)
On voit, par un trait delà vie de Léon III qu’à cette époque le primicier portait la chasuble et de plus qu’il la portait dehors comme un vêtement de cérémonie; en effet, l’hypocrite Pascal s’avançant vers lui au moment où il sortait du Latran, lui demande pardon, et il ajoute : « Quia infirmus « sum et ideo sine planeta \e ni2. » Ces paroles nous prouvent combien ce vêtement était gênant à porter.
Le concile de Rome de 853 nous montre, par ce décret, que les ecclésiastiques ne devaient pas sortir sans leur costume « Sine ornatu sacerdoce tali extra domos sacerdotes non convenit3», etc...
Le pape Pascal nous apparaît sous des traits
Massarelli ni dans la restauration moderne. Ciacconio, le dessin Barberini, Borromée et Bagarris lui en supposent.
Dans la restauration, on a complètement couvert saint Léon de vêtements jaunes; je crois qu’il y a erreur, parce que l’aube était toujours d’une autre couleur que la chasuble. Cette erreur s’explique aisément par ce fait que la partie inférieure du pontife était tombée; il ne restait que le jaune du haut, que le mosaïste n rétabli pour le reste du corps. (Voir le dessin Barberini, Garrucci, p. 283, fig. 5.) A Sainte-Marie-in-Domnica, Pascal a la chasuble jaune et l’aube blanche. Dans la gravure d’Alemanni, qui nous montre le groupe complet, on saisit facilement la distinction entre la chasuble et l’aube.
Gori, Symbolæ romance, VII, 77.
Severano, Memorie delle sette cliiese di Roma, if>3o.
Cïampini, Vet. mon., PI. xl.
Grætius, Thésaurus antiquitatum.
Rohault de Fleury, Le Latran au moyen âge, PI. lui.
1. Cette mosaïque fut détruite en i5q5 par le cardinal Rusticucci.
Ugonio, Sta^ioni di Roma. i5g6.
Garrucci. PI. cclxxxxii.