X<‘ SIÈCLE
être rappelés ici. Sur deux panneaux de la face postérieure, saint Ambroise est figuré devant l’autel avec la chasuble et le pallium; il intervient de même dans un des médaillons qui ornent les portes de la confession. De ces diverses images, il résulte que les chasubles employées au ixc siècle, à Milan, semblent moins amples qu’à Rome; elles ! laissent deviner dans leur coupe une forme oblongue, à juger du petit nombre de plis amassés sur le bras. Elles tombent plus par derrière qu’en avant. Le col est échancré par pans. (PI. VIII et DCXXXII.)
La mosaïque absidale du dôme de Parenzo1, que je crois du ixe siècle, nous offre une figure de l'évêque Euphrasius, dans le genre des mosaïques romaines que nous examinions tout à l'heure, et vêtu d’une chasuble semblable.
Nous ne pouvons mieux faire, pour rappeler la magnificence des chasubles françaises sous les Carlovingiens, que de citer celles que saint Anségise donna au monastère de Flaix, et qui excellaient par l’éclat des couleurs et le prix des tissus :
« Casulas planetas ac cindatos diversos triginta,
« quarum colores oneri videtur describere2. » On lit aussi dans un manuscrit contemporain du saint abbé de Fontanelle : « Planetas casulas quatuor...
« viridis coloris ex cindato item très. Item « rubei sive sanguinei coloris ex cindato unum :
« blatteam item casulam unam. Cappas romanas « duas, unam videlicet ex rubeo cindato et fim- « briis viridibus in circuitu ornatam, altérant ex « cane pontico queirt vulgus Bevurum nuncupat,
« sintiliter fimbriis sui coloris decoratam inorbe3.»
M. Francisque Michel s'étonne de ces noms donnés aux vêtements sacerdotaux : « Qui pourra, dit-il, découvrir la raison pour laquelle on avait appelé orbis terrarum l’ornement lissé et donné par la reine Adhélaïs à l’église de Saint-Denys, qui, à ce qu’il parait, en avait déjà un autre sous le même nom, don de Charles le Chauve. Quel motif avait fait nommer ibi et ubi une chappe qu’on voyait figurer parmi les richesses de l'abbaye de Croyland au commencement du xve siècle? »
1. Garrucci. M. de Laurière en a relevé soigneusement les inscriptions.