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On retrouve dans le testament de saint Everard la mention de ces riches chasubles de cendal :
« Planetas duas, unam variatam, altérant de cen- « dalo... planetam diploidam unam de cendalo. »
Hariulphe, dans son inventaire des richesses de Saint-Riquier, nousparle de « casulæ castaneæXL, « sericæ nigræ X, persæ sericæ III, ex pallio XX,
« galnæ sericæ V, melnæ sericæ III, ex pisce I, « ex cendalo IV, cappa castanea auro parata I,
« serica I, dalmaticæ XXXI 1 », etc.
La Bibliothèque nationale nous réserve une ample collection de documents pour l’étude des chasubles carlovingiennes; c’est d’abord le précieux Sacramentaire de Drogon, dont les ivoires et les miniatures nous ont déjà tant donné. On y voit des prêtres couverts d’amples chasubles qui s’éloignent de plus en plus de la souplesse et de la coupe élégante des pénules antiques ; elles descendent par derrière jusqu'aux chevilles; les bras embarrassés relèvent péniblement leurs lourdes draperies et elles remontent dans le cou; leur tissu est si raide qu’elles forment à la nuque une sorte de capuchon que nous n’avons pas encore eu à signaler'2. D’après les peintures intérieures du manuscrit, elles sont rouge foncé, ou vertes. (PL IV, V, VI et DLXVII.)
La Bible de Charles le Chauve nous montre que l’usage du vne siècle prévalait toujours et que la chasuble n’était pas encore un vêtement exclusivement liturgique. Les chanoines qui paraissent devant l’empereur pour lui offrir le livre sont vêtus de chasubles, lesquelles ont les couleurs les plus variées ; elles sont rouges, roses, brunes, bleues, rehaussées et bordées d’or; les brunes semées de pois rouges groupés trois par trois3. (PL CDLXVI 1 1.) Sur les chanoines une bande d’or descend en avant, jusqu’au bord, et, sur le dos, dessine un capuchon, souvenir peut-être de l’antique forme du vêtement. Saint Jérôme enseignant sainte Paule porte une chasuble rouge. (PL CDLXIX.) Ailleurs, dans le même manuscrit, un prêtre est figuré avec une chasuble d’or, dalma-