Arts somptuaires
CHASUBLES
tique blanche et claves rouges, aube blanche1. On remarquera que les chasubles représentées dans ce manuscrit sont souvent longues par derrière, mais fort courtes en avant, pour permettre aux bras une action plus facile; cette précaution devenait d’autant plus nécessaire que les étoffes employées étaient plus lourdes, et nous l’observerons presque constamment pendant deux siècles. La bande ou orfroi d’or que nous voyons paraître ici avait non seulement un but d’ornementation, elle servait aussi à cacher la couture, si apparente autrefois que les mosaïstes de Ravenne l’accusent fortement.
Dans le célèbre livre de prières de Charles le Chauve, écrit par Liuthard2, on voit saint Jérôme écrivant et cependant vêtu de la chasuble; cette chasuble est brune et rehaussée d’or. PL D XXXIX.)
Dans le canon de l’église de Metz, à la Bibliothèque nationale3, on a figuré deux évêques assistant un prince carlovingien ; ils sont habillés de chasubles couleur sépia pâle rehaussée d’or 3. (PL DXXV.)
Le Bénédictionnaire de la Bibliothèque Sainte- Geneviève offre l’image d’une chasuble de même genre, mais moins pointue en avant; celle-ci est gros bleu et le pallium qui lui est imposé est d’argent. (PI. DLXVIII.)
Au Saeramentaire de T ours, la chasuble est rouge minium dans le fond et bordée d’or; entre le galon du collet et la bordure inférieure, une bande d’or intermédiaire paraît faire le tour du dos d’une façon concentrique. (PI. VIL)
Le Saeramentaire de la Bibliothèque d’Autun est un des livres qu’on peut le plus utilement étudier pour l’histoire des costumes sacerdotaux au ixe siècle. En effet, on voit une page toute consacrée à l’iconographie des saints ordres; nous avons déjà parlé de ce manuscrit à l’article des livres liturgiques, il n’est donc pas opportun de le décrire de nouveau, nous nous contenterons de faire observer que l’évêque a une chasuble rouge et une dalmatique d’or, tandis que le prêtre qui étend les