‹ La messe (volume 5)Chapitre 204 sur 303 · Bibl. nat., fonds grec, n° 5 10, grande réserve · texte numérisé non relu

Bibl. nat., fonds grec, n° 5 10, grande réserve

IXe SIÈCLE.

mystérieux. Dans ce cadre magnifique se trouvent les évêques consécrateurs et saint Grégoire, tous entièrement vêtus de blanc : dalmatiques, chaussures, chasubles, pallium, ils portent tout blanc sous de légers reflets jaunes. Les croix des pallia, les claves des dalmatiques tranchent seuls en pourpre sur ces claires draperies. Un tel tableau vaut plus que toutes les descriptions, pour nous montrer l’ancienne pompe de la liturgie orientale; il est complété par les assistants, les thuriféraires en dalmatique blanche qui parfument le sanctuaire, les moines à costume sombre et des cierges en main, enfin la multitude du peuple. (PL CDLXVIL)

Notre beau manuscrit vient de nous montrer les chasubles dans les fonctions du chœur, où elles sont blanches ; il nous les présentera encore sur les évêques assistants au deuxième concile de Constantinople, de même forme, mais de couleurs variées. (PL CDLXVI). — Plusieurs sont jaune de Sienne ardent, deux de teinte neutre, une violette, une brune, une verte. — Peut-être les chasubles blanches étaient-elles réservées pour le chœur.

On peut voir encore au f° 40g une suite de prêtres avec la chasuble et le pallium.

Ces étoffes devaient être souples et légères, comme l’indique l’aisance que les prêtres mettent à manier leurs plis, et elles n’obligeaient pas, autant qu’en Occident nos lourdes chasubles, à écourter le vêtement par devant; sans doute de laine, elles n’ont aucun ornement, ce qui est remarquable dans des peintures oü la richesse et l’or sont prodigués, ce qui indique un souvenir traditionnel, peut-être même une intention symbolique.

Nous avons encore à la Bibliothèque nationale un autre manuscrit à peu près contemporain du 5 10, très inférieur comme art, mais dans lequel on peut trouver d’utiles renseignements et des traits qui concordent avec ce qu’on vient de dire. Le miniaturiste y a peint tous les vêtements en or (grec 923). (PL DLXXI.)

C’est sous les Carlovingiens, dit M. Quicherat *, que le luxe fit irruption dans le costume sacer-

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