‹ La messe (volume 5)Chapitre 205 sur 303 · Hist. du Costume en France · texte numérisé non relu

Hist. du Costume en France

dotal; les modestes étoffes à nuances douteuses parurent indignes des autels, les couleurs plus éclatantes furent admises. Une étoffe de soie, le cendal, eut la préférence sur les fins lainages et sur les tissus mélangés de laine et de soie. Les chasubles et dalmatiques surpassèrent en magnificence les riches habits de cour : elles furent brodées, brochées, etc., et sortaient presque toutes de la magnificence orientale; le livre pontifical remplit ses descriptions de noms grecs : Peryclisis de blattin, ou bordure de pourpre; chysoclavum, les étoffes d’or; mi\ilus , soie légère, peut-être l’ermezino des Italiens1; quadrapulum , qu’on croit semé de gamrnas2 formant quadrillé; nous nous sommes déjà occupé de ces termes à propos des vêtements d’autel.

Dès les temps mérovingiens, Damas fabriquait des pailes de soie qu’elle produisait en abondance, des brocarts d’un prix élevé et d’une perfection inimitable. Dans le royaume de Mossoul, on fabriquait des étoffes de soie brochées d’or, connues dans le commerce sous le nom de mousseline, qui depuis a été transporté à des toiles de coton.

Il nous reste encore, en Europe, des fragments de ces vieilles étoffes, qui rappellent la prépondérance industrielle de l’ancien Orient sous ce rapport, et le luxe que les Latins aimaient, avec ces achats lointains, à importer dans leurs costumes liturgiques. A l’Exposition de Cologne, en 1876, on en montrait différents spécimens.

Nous voyons, au ixe siècle, se produire, chez les écrivains liturgiques, les pensées symboliques relatives aux vêtements des prêtres, et ils réglementèrent ainsi l’ordre de choses dont ils ne furent sans doute pas les inventeurs. D. Martène (Thésaurus anecd. V. 99) rapporte un manuscrit de l’ancienne liturgie gallicane dans lequel on lit : « La chasuble, qu’on appelle amphibalum est

« une, . elle n’a pas de manches, parce que le

« prêtre n’a guère que la fonction de bénir; elle « est nue extérieurement, sans fente, sans ou- « verture, parce que les Saintes Ecritures nous « offrent beaucoup de mystères que le prêtre

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