‹ La messe (volume 5)Chapitre 206 sur 303 · Revue de l’Art chrétien · texte numérisé non relu

Revue de l’Art chrétien

Voir Muratori, Antiq., II, 400.

CHASUBLES

« savant doit garder en lui comme sous un « sceau. »

Selon Alcuin, la chasuble recouvrait tous les vêtements, parce qu’elle est l’emblème de la charité, qui l’emporte sur toutes les vertus.

« La chasuble, écrivait Amalaire *, étant le vête- « ment de tous les clercs, concerne leurs œuvres « à tous, la faim, la soif, la nudité, la lecture, la « psalmodie, la prière, le travail, la doctrine, le « silence, etc. Aucun prélat ne doit y manquer. « Lorsqu’il est revêtu de ces œuvres, il porte la « chasuble.... sur les épaules; elle exprime les « œuvres que nous devons montrer à notre pro- « chain; sur la poitrine, elle exprime la doctrine « et la vérité. »

« Le septième vêtement, dit Raban Maur "2, est « la chasuble appelée « casula, » du diminutif de « casa, parce qu’elle nous recouvre tout entiers... « Elle signifie pour nous la charité, qui surpasse « toutes les autres vertus, les met sous son abri. « les protège et les illustre. En effet, les vertus « n’ont plus aucun éclat si la charité ne rayonne « pas sur elle. »

Xe SIÈCLE.

Comme à tous nos articles, il nous faut déplorer pour le xe siècle la rareté de monuments iconographiques; il semble que cette époque soit comme un désert pour l’histoire et qu’en Occident l’art ait été presque interrompu dans son cours. Parmi les rares peintures que nous pouvons mentionner, celle qu’on voyait jadis à l’entrée de Saint-Jean de Latran est une des plus intéressantes. Elle représente Jean XII (95b-fg63) revêtu de la chasuble par ses clercs ; elle nous montre la façon dont elle entrait par la tête, largement ouverte par le bas et garnie au haut d’une bordure gemmée; l'étoffe est de l’espèce dite stauracin , c’est-à-dire tout ornée de croix. Il nous reste de la peinture trois dessins qui nous permettent de

Page 1