‹ La messe (volume 5)Chapitre 21 sur 303 · Lebrun · texte numérisé non relu

Lebrun

L idée de rappeler la tunique du grand prêtre des juifs faisait mettre quelquefois alors des clochettes au bas des aubes. Dans un vieux missel de Ratolde, abbé de Corbie, on lisait : « Super hæc « itaque ministretur ei (Episcopo) tunica gyris in « tintinnabulis mirifîce refer ta h »

Riculphe, évêque de Soissons (889), répète les prescriptions de Léon IV, pour empêcher ses prêtres d’avoir les mêmes aubes à l’autel et dans leur vie extérieure 2 : « Prohibemus presbyteris « nostris uti eadem alba in sacris mysteriis quæ utuntur foris in quotidiano et exteriore cultu. » On reconnaît à l’insistance des évêques, et à la volonté qu’ils manifestent de consacrer des vêtements spéciaux pour la messe, l’honneur dont Charlemagne avait su entourer la sainte liturgie.

L’ivoire Spitzer nous offre, je crois, la première image positive d’une aube; en effet, nous y voyons sous la dalmatique une tunique inférieure plissée qu’on ne saurait confondre avec elle. (PI. CCCCXVIII.)

Entre les feuillets de l’évangéliaire de Théodulfe 3, on trouve cinquante-trois fragments de tissus de diverses façons; les uns crêpes de Chine, avec bordures de cachemire broché, les autres en soie, coton, lin, poils de chèvre ou de chameau. — Ne peut-on voir, dans quelques-unes de ces riches et souples étoffes, des échantillons de celles qui servaient aux aubes carlovingiennes4?

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