THOMASSIN, p
Les anciennes instructions synodales des évêques à leurs curés répètent la même défense : « Nullus cantet sine « amictu, alba, stola, fanone, casula et hæc vestimenta « nitida sint. Nullus in alba qua in suos usus utitur, p>ræ- « sumat cantare missam. » Et dans un pontifical romain : « Missam jejuni tantum ei non in vestibus communibus, « sed sacris, amictu alba, cingulo, manipulo, stola, et ca- « sula, vestimentis nitidis, quæ ad alios usus non ser- « viant. »
Testament de Riculphe, évêque d’Elne : « Amictos cum « auro quatuor, albas quinque très claras, et, planas duas.
« Roquos quatuor, unum purpureum cum auro; zonas « quinque, unani cum auro et gernmis pretiosis, et alias « quatuor cum auro, stolas quatuor cum auro, una ex illis « cum tinlinnabulis, et manipulos sex, unum ex iis cum s tintinnabulis : casulas épiscopales optimas très, annulum « aureum cum gernmis pretiosis et wantos.»
3. M. Delisle m’en a permis une étude spéciale dans son cabinet, pendant qu’il détenait ce précieux manuscrit.
4. Une analyse raisonnée de ces tissus a été insérée dans les Annales du Puy.
Francisque Michel, Recherches sur les étoffes, p. (38.
Xe SIECLE.
Voici la définition de l’aube, que nous a laissée Alcuin (De divinis Officiis) : « Tunica, linea vestis ; « erat interior, quant camisiam dicimus, vel sup- « parum. » Pour lui, l’aube signifie la persévérance dans le bien ; la tunique talaire, c’est la bonne œuvre poursuivie jusqu’à la fin.
Amalaire 1 (83o), comme tous les écrivains de son temps, rattache soigneusement la signification de nos vêtements liturgiques à ceux des juifs; il dit que les vêtements de lin signifient la pureté de l’oraison, qui doit être dépouillée de toute pensée charnelle devant le Seigneur-. Le vêtement juif, ajoute-t-il, diffère du nôtre en ce que le nôtre est large et nous rappelle que nous vivons sous la loi de liberté conquise par le Christ. Selon Amalaire, le byssus et le lin sont à peu près la même chose ; le byssus, dit Bède, sort de terre encore vert, mais ensuite il est desséché, tordu, et par ces longues préparations il arrive à être blanc; ainsi nousmêmes, nous parvenons à la beauté de la chasteté à force de jeûnes, de prières et de veilles. Le byssus signifie l’éclat de la pureté3.
Ceux qui portent des aubes sont vulgairement appelés albati : ils sont comparables à ces justes de l’Apocalypse que saint Jean voyait couverts de robes blanches, symbole de la pureté de nos corps, qui sont eux-mêmes comme les vêtements de nos | âmes.
N’oublions pas cette remarque curieuse du savant diacre de l’église de Metz, qui nous apprend que sous le roi Charles, de bienheureuse mémoire, et sur l’invitation qu’il en fit, les archevêques expliquèrent avec soin la signification des vêtements.
Raban Maur, au sujet de l’aube, s’exprime à peu près comme Amalaire : « Le second vêtement, dit-il,
« est une tunique de lin, que les Grecs appellent « poderis et les Latins talaris, parce qu’elle descend « jusqu’aux talons ; Josèphe nous dit qu’elle est •< façonnée en byssus, dont le sens mystique est « facile à saisir. En effet, le lin ou le byssus signi- « fiant la chasteté, les prêtres portent une étroite « robe de lin pour leur rappeler avec quel soin '( jaloux ils doivent la conserver, ils la portent