‹ La messe (volume 5)Chapitre 210 sur 303 · Bull, mon · texte numérisé non relu

Bull, mon

Xe SIÈCLE.

versons, sont d’une étude plus sûre pour chercher la forme ancienne des chasubles. A ce titre, le Graduel de Prüm nous offre plusieurs spécimens intéressants des chasubles allemandes au xe siècle; nous avons gravé la peinture du f° 76, verso, qui nous montre un prêtre debout, tenant un livre de la main gauche, retournant la paume de la main droite, et vêtu d’une riche chasuble; cette chasuble est violette, ornementée de grands dessins blancs, rosaces, quatre-feuilles avec point rouge au centre, lis, etc., elle est bordée de rouge et traversée verticalement par une bande de même couleur qui pourtourne le collet. On remarquera que le cou est très dégagé et l’ouverture suffisante pour pouvoir passer la tête sans qu’une fente soit nécessaire. (PI. DLXIX.)

Auf° 52, verso, du même manuscrit (Pl.CDXX), Zacharie tenant l’encensoir est figuré devant l’autel; il porte une chasuble pourpre, bordée d’or, garnie de disques en or et de larges orfrois d’or servant de bordure et descendant verticalement sur la poitrine.

La Bibliothèque du Dôme de Cologne possède un manuscrit1 du xe siècle, précieux pour notre histoire liturgique ; on y voit une miniature qui représente l’évêque Evergerus en habits sacerdotaux et profondément prosterné ; sa chasuble est violette, avec orfrois d’or et semis de points d’or, elle descend par derrière jusqu’à la cheville ; on observera aussi qu’elle remonte très haut dans le cou, où elle se termine par un collet orné d’une série de pois réguliers. (PI. DXXV.)

Le Sacramentaire de Cologne, que nous avons à la Bibliothèque nationale (fonds latin 81 1), doit encore appartenir au xe siècle ou du moins aux premières années du xie; une figure de saint Grégoire, inspiré par la colombe et dictant à son secrétaire, y est peinte sous un portique encourtiné. Le saint pontife a une chasuble violette avec points semés trois par trois, et un long pallium d’or crucifère jeté dessus. On remarquera au-dessous du cou, une fente assez prolongée. (PI. DLXXXII.)

Dans une autre miniature de ce manuscrit, nous mentionnerons encore des exemples de chasubles avec semis d’or. (PL DLXXXII.) Un de ces

1. Il a figuré en 1876 à l'Exposition de Cologne — n° 402, f. 3. M. Le docteur Schüntgen a eu la bonté de nous communiquer la photographie.

vêtements permet au prêtre qui le porte de le relever et de s'e voiler les mains dans ses draperies comme on le faisait dans l’antiquité.

Un évangéliaire de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle rappelle dans une miniature un archevêque relevant aussi les plis de devant de sa chasuble. Cette chasuble est rouge L Ce manuscrit fut donné par Othon III (983-J-1003); il a appartenu à M. le chanoine d’Orsbach.

Toutes les miniatures allemandes du temps ne nous montrent pas ce vêtement aussi ample par devant. A la Bibliothèque de Darmstadt, un évangéliaire (n° 1948, f° 66 et 76) porte de grandes peintures qui représentent un prêtre avec une chasuble longue par derrière, mais raccourcie en avant, chasuble verte avec orfrois d’or. Le diacre semble l’avoir retroussée. (PI. DLXXII.)

Ne faut-il pas attribuer à un ornement liturgique une broderie du xe siècle du dôme de Cologne, qui figurait sous le n° 363 à l’exposition de cette ville et qui portait cette inscription : Ragenardus cornes. Geberta me fecit?

En 1 8 5 2 , il y eut à Crefeld (Prusse rhénane) une exposition d’anciens costumes épiscopaux2, parmi lesquels figurait la chasuble de saint Bruno, le grand archevêque de Cologne et duc de Lorraine (f 953).

Un antiphonaire de la Bibliothèque abbatiale de Saint-Gall3 (n° 390, f° 1 3), écrit au xe siècle par le moine Hastker, nous fournit une image de saint Grégoire et un exemple de chasuble pour cette époque; elle est rouge, courte par devant, très ample par derrière et ornée autour du cou d’un galon avec une série de pois. M. le conservateur, qui a eu la bonté de nous en fournir une copie, classe cette peinture un peu plus tard que le Père Lambillotte. (PL DCXXXII.)

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