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Lacroix et Séré, Le Moyen Age et la Renaissance, t. IL

Beissel, Die bilder der Handschrift des kaiser Otto im

Munster Z" Aachen 1886. (PL ni.)

2. On y comptait huit cent quarante-huit costumes complets et environ cent quatre-vingts parties de costumes, ainsi que tableaux, estampes, miniatures représentant des prêtres en ornements.

F. Michel, p. 317.

3. Antiphonaire de S. Grégoire par le P. Lambillotte. Bruxelles, 1867.

CHASUBLES

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L’Orient est encore fidèle aux traditions antiques et, si nous rapprochons les peintures de ce temps de celles que nous avons exposées pour l’histoire du ixe siècle, on ne saisira pas de sensibles différences ; on sait le que xe siècle, qui atteignit le maximun de barbarie en Occident, jeta au contraire un éclat artistique à Constantinople qui n’avait jamais été plus grand et qui ne devait jamais reparaître.

Le ménologe du Vatican est un des monuments les plus précieux de cet apogée et en même temps un recueil intéressant de costumes liturgiques. Nous passerons en revue quelques-unes de ces miniatures.

Au i i octobre, nous voyons saint Philippe figurer sous un ciborium, devant l’autel ; il porte une tunique bleue, chasuble jaune, long pallium blanc crucifère. Moins longue que dans le manuscrit 5 10 de la Bibliothèque nationale, la chasuble offre à peu près la même coupe. (PL DLXXI.)

Bibliothèque nationale, fonds latin 11751.

On voit dans cette longue série de peintures que les chasubles étaient de couleurs diverses; au 23 octobre, saint Jacques est couvert d’une chasuble foncée. (PI. CLXXXVI.)

Au 26 octobre, une excellente peinture de Simon de Blaquernes nous prouve que l’usage de la chasuble était alors général dans le clergé bysantin; dans la procession que figure ce tableau, le thuriféraire, le porte-croix, les céroféraires en sont tous

pourvus; les diverses chasubles sont vertes, brunes, bleues, etc.

A la fête des saints Côme et Damien, ils portent des chasubles très amples, qui leur permettent de voiler leurs mains sous les plis; l’étoffe est rehaussée de nombreuses touches d’or.

Au 4 novembre, saint Lin est figuré avec une chasuble de couleur foncée. A l’enterrement de saint Mathieu (16 nov.), le thuriféraire a une chasuble verte, relevée sur l’épaule et beaucoup plus longue derrière que devant; sa tunique est jaune. (PI. GDXIX.)

A la fête des chaînes de saint Pierre (i 6 janvier), le prêtre, pour saisir cette relique sur la crédence, soulève les plis d’une ample chasuble verte qui sert de voile à ses mains. (PL CV.)

XIe SIÈCLE.

Le xie siècle va souvent nous montrer dans ses peintures des chasubles de plus en plus courtes en avant, et plus amples par derrière; la pointe antérieure qui devenait si aiguë , semble même disparaître quelquefois pour faire place à une forme de pèlerine qui laissait les bras en parfaite liberté1. Cette observation peut être surtout inspirée par les fresques souterraines de Saint-Clément, à Rome'2; le pape y est figuré avec une chasuble talaire qui ressemble en avant à un camail. Nous avons (PL DLXXV) réuni dans un seul dessin les parties les plus intéressantes de ces peintures. Cette chasuble, d’une grande richesse de dessins, est tout ornée de rosaces; dans le même tableau, des fragments de peintures interrompues par le haut répètent la même forme de vêtement, sauf que la chasuble paraît pointue et plus longue en avant.

Cette coupe reparaît sur une des peintures de l’ancien narthex où le pape porte une chasuble

1. On pourrait dire qu’elle est retroussée; mais on voit au bord le galon dans toute l’étendue et il est probable que le peintre a voulu figurer sa vraie grandeur.

2. Voir les nombreuses reproductions de cette tiesque et notamment le Alittheilungen, i86:>, PI. xi, xii.

XIe SIÈCLE.

rouge, les acolytes des chasubles grises qui répètent la même forme. Elles sont froncées sous le col, peut-être par une gance qui permettait de l’ouvrir au passage de la tête et de la resserrer ensuite. (PI. XII.)

On possède, à la Sainte-Trinité de Florence, diverses reliques liturgiques qui ont appartenu au bienheureux Bernardo degli Uberti, une mitre, deux peignes, sa chape et sa chasuble ; ce dernier vêtement est pris dans une étoffe unie et bleu foncé; il est doublé par un tissu à grands médaillons qui renferment des aigles à deux têtes et que relient d’autres cercles plus petits. Les dessins sont verts sur fond jaune. Le col est très ouvert, encadré d’un orfroi, lequel descend en avant et en forme de croix; cet orfroi, tissé d’or et de soie rouge, est orné d’oiseaux affrontés. (PI. DLXXXIX.) L’ouverture de la châsse qui les contenait, que M. Marcucci a eu la bonté d’obtenir en notre faveur, a révélé ces précieuses reliques dont on était loin de connaître la valeur et la conservation remarquable.

On voit à Pise, exposée au Campo Santo, une frise représentant le baptême de Constantin. Saint Silvestre porte une large chasuble, relevée aux bras, et ample même par devant. Ce bas-relief, avant la restauration moderne, surmontait la porte de l’église San Silvestro. Lasinio 1 l’attribue au xe siècle; mais, d’après la forme des mitres, je ne pense pas qu’on puisse dépasser le xie siècle, ce qui est aussi l’avis de Morrona2; s’il était même permis de préciser une date, je croirais devoir l’attribuer à io 1 8, époque de la concession du monastère à des moines du Mont-Cassin.

Les colons de cette célèbre abbaye introduisirent peut-être en Toscane quelques-uns des usages liturgiques de l’Italie mérionale où rayonnait alors le génie de Didier (f 1086). Le monastère de Saint-Michel, àPise (vers 1048), grâce à la pieuse activité de Buono, sortait de son état de pauvreté; il possédait « très planetas, due de pallio, una « valentes solidos centum, alia valentes solidos « trigintas, tertia de castanea et très stolas optimas « cum manipulis suis 3 ».

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