Fonds latin 11902, f
Anecdota Alsatica.
2. Mabillon donne de l’inscription un fac-similé que nous avons reproduit sur notre planche.
XIe SIECLE.
Dom Ruinart (iter litterarium) répète cette description.
Dom Brocq, religieux de l’abbaye de Saint- Arnould, dans son histoire manuscrite de cette abbaye, composée en 1 7 5 6 fournit encore cette description : « On montre aujourd’hui dans la « sacristie de Saint-Arnould (actuellement démo- « lie) une chape fort ancienne, tissée de soye et « parsemée de perles, que la princesse Gyselle, « fille de l’empereur Henri I, épouse de saint « Etienne de Hongrie, avait envoyée au pape « Jean XIX, environ l’an 1004 . »
Un modeste bénédictin, Dieudonné, fit, en 1 770, une inspection minutieuse de toutes les pièces du trésor de son abbaye; il mesura et dessina cette chasuble et celle dite de Charlemagne, et c’est grâce à ces dessins que M. Abel a pu former l’intéressante restauration qu’il en a faite et qu’il nous a permis de reproduire dans nos planches. L’étoffe cramoisie à reflets de gorge de pigeon avait en broderie un arbre, qui étalait sur tout le fond ses rameaux sur lesquels étaient placés des perroquets affrontés. L’orfroi queMabillon décrit était pourpre et ses broderies d’or. On voyait aussi sur la bande courbe des épaules, des figurines dont il ne parle pas, et qui représentaient Adam et Ève, un lion, un cerf, un dragon, un aigle et douze médaillons de 5q millimètres.
Nous avons vu des oiseaux brodés sur la chasuble de Prague, à peu près contemporaine de celle-ci; mais je suppose à ces deux étoffes, malgré leur commune origine allemande, une fabrication arabe. Les chrétiens prenaient dans le commerce de riches tissus qu’ils coupaient selon les besoins et qu’ils ornaient d’orfrois à emblèmes religieux. (PI. DLXXVIII.)
Mabillon décrit aussi la seconde chasuble; nous avons relevé ses paroles dans le manuscrit de la Bibliothèque nationale (Anecdota alsatica, latin 11902, f° 102) : « De plus, une autre chasuble « que l’on croit, par tradition, être la chape de « Charlemagne, de soye blanche parsemée de « grands aigles brodés d’or avec deux grandes « roses; les aigles ont à leur bec un chaton et une « perle. Il y a de chaque côté trois grands aigles,