S. Hugonis, abb. clun, vita
Bolland., 29 avril, 641.
Migne, CLIX, 847.
2. Bibl. nat., manuscrit latin 17716. Ce chapitre porte pour rubrique : De Rotberto illustri viro quem divina pietas per beatum Hugonem sanitati restituit in parisiensi civitate.
qui semble retracée « en coupe», selon l’expression des architectes et selon un usage assez répandu au xne siècle, pour montrer l’intérieur des monuments; on y voit le malade porté par deux hommes dans sa litière; à droite, la foule du peuple; à gauche, le saint abbé, tenant d’une main sa crosse, de l’autre la chasuble qu’il lève audessus de l’infirme, et une multitude de bénédictins et de clercs en même costume que lui, en froc noir à capuchon et larges manches. La chasuble est blanche avec un large orfroi d’or. Au-dessus, à la voûte de l’église, sont suspendues trois lampes. (PI. DLXXXXI.)
On fera, en observant les personnages de la scène, une remarque intéressante, à savoir que les religieux viennent de la tribune et que les fidèles sont du côté de la porte. La tribune est clairement figurée, et, de plus, le campanile se trouve ainsi à la place qu’il occupe encore aujourd’hui ; en effet, le soubassement de la tour actuelle a deux étages de fenêtres romanes *, qui ne concordent pas mal avec les indications de notre miniature. Cette image provenait du pinceau d’un moine de Saint-Martin des Champs, qui avait certainement l’église romane sous les yeux. Je ne saurais le croire aussi fidèle pour la chasuble, qui a tout à fait la forme d’un vêtement du xn° siècle.
Suger, dans une lettre au pape Eugène III (ii45-53), se plaint des désordres de l’abbaye et accuse les chanoines d’avoir volé la chasuble et de l’or de la châsse. Ceux-ci s’étaient empressés d’aller, sous le coup des menaces royales, demander au pape de les épargner, et, par respect poulie souverain pontife, le cours de la justice avait été suspendu. « Qui iniquitate involuti, écrivait « l’abbé de Saint-Denys, nequitia excæcati, nec « thesauros furtim sublatos, videlicet quatuorde- « cim rnarcas auri, ut aiunt, de feretro sanctæ « Genovefæ, nec reliquias ejusdem, videlicet « casulam sancti Pétri , pro quo eos regia potes- « tate, ni si eis pro reverentia vestræ Celsitudinis, « parcemus, tanquam fures aut raptores tenuisse- « mus, nullo modo reddere voluerunt2... »
Cependant Suger finit par l’emporter, on chassa les chanoines séculiers de Sainte-Geneviève pour les remplacer par des réguliers. Par vengeance,