‹ La messe (volume 5)Chapitre 228 sur 303 · Epistola x lvii, Migne, CLXXXVI · texte numérisé non relu

Epistola x lvii, Migne, CLXXXVI

vu— 19

MESSE

CHASUBLES

ils publièrent qu’ils avaient aliéné le chef de la sainte1; mais on ne dit pas s’ils rendirent la célèbre chasuble. Il n’est pas probable, du moins, qu’après la reconstruction de l’église au xme siècle on conservât cette relique intégralement ; car le morceau qu’on en avait était accompagné d’une légende sur parchemin en vieux caractères gothiques. Nous trouvons ce détail dans un manuscrit du Père Dumolinet, de 1687, que l’on m’a communiqué à la Bibliothèque Sainte-Geneviève2, et dans lequel nous extrayons le passage suivant : « La chasuble de saint Pierre a esté gardée icy « durant plusieurs siècles. Cette relique pourrait « estre sans doute suspecte, si elle n’estait appuyée « de témoignages authentiques et confirmés par « des miracles. On tenoit qu’elle avoit esté apporte tée icy d’Antioche, ainsy qu’il se lit dans Surius « en la vie de saint Hugues de Cluny, où il est dit « que ce saint abbé, venant un jour par dévotion « célébrer la messe en cette église, demanda à « voir la chasuble qu’il apella « casulam sancti « Pétri », qu’aussytost il souhaitta qu’il se prête sentast quelque malade pour éprouver si cet tt habit sacré du Prince des apostres n’avait pas « autant de vertu que son ombre pour guérir; et « qu’un paralityque luy ayant esté amené et l’ayant a mis sur son corps, il receut aussytost l’usage de « ses membres.

« Suggéré, abbé de Saint-Denis en France, en « l’une de ses epistres au pape Eugène, se plaint « de ce que les chanoines séculiers avaient enlevé tt de l’or et des reliques de cette église, et particu- « lièrement la chasuble de saint Pierre. Il en reste « encore parmy les reliques de cette maison un « morceau qui est d’une étoffe de soye, comme « d’un damas tirant sur le verd, sur lequel est « attaché un petit écriteau en lettres gothiques « très anciennes qui contient ces mots de casula « sancti Pétri. »

Dans l’inventaire des reliques trouvées en 1793 dans la châsse et reconnues par les commissaires révolutionnaires, nous retrouvons une nouvelle inscription mentionnant la chasuble, mais dans des termes plus modernes; voici le passage3: « Dans le cercueil (la châsse), il s’est trouvé deux « petites lanières de peau jaune. Dans une des

Page 1