‹ La messe (volume 5)Chapitre 229 sur 303 · Ann. arch., vin · texte numérisé non relu

Ann. arch., vin

« extrémités, un paquet de toile blanche, attaché « avec un lacet de fil. Dans ce paquet, vingt-quatre « autres petits paquets, les uns en toile, les autres « en peau ; et plusieurs bourses de peau de diffé- « rentes couleurs, une fiole lacrymatoire bouchée « avec du chiffon, contenant un peu de liqueur « brunâtre desséchée ; une bande de parchemin « sur laquelle est écrit : Una pars casnlœ Pétri « principis apostolorum. »

Devant ces documents historiques, il convient de se demander le degré d’authenticité que peut offrir cette relique. Il faut écarter le témoignage de la peinture qui nous présente non une pénule antique, mais une chasuble avec orfroi d’or en Y, telle qu’on les fabriquait au xne siècle, témoignage inférieur à celui de grands hommes, comme saint Hugues et Suger. Lorsque saint Hugues visite, à la fin du xie siècle, les reliques de Sainte-Geneviève et qu’on lui montre un vêtement de saint Pierre, il n’aurait pas, si peu archéologue qu’on le suppose, hésité devant une chasuble neuve; et après lui, Suger n’aurait pas considéré sa perte comme celle d’un insigne trésor, si elle ne lui eût offert quelque apparence d’authenticité ou du moins d’antiquité. Nous sommes donc conduit à la considérer comme fort antérieure à ces personnages et aux croisades.

On sait que l’église avait été fondée par Clovis, sous le vocable de saint Pierre et saint Paul *, et que le nom de sainte Geneviève, longtemps associé aux premiers, ne lui fut tout à fait substitué que beaucoup plus tard; auxne siècle, le sceau portait encore la dénomination de Saint-Pierre. On ne peut donc être surpris de voir attribuer à ce sanctuaire une relique du prince des apôtres, et on est en droit de conclure qu’elle pouvait s’y trouver vénérée dès le vie siècle. Ici nous ne formons que des hypothèses; si la nature de la soie indique plutôt une origine orientale que romaine, elle semble infirmer la tradition, car cette matière était dans l’empire romain d'un prix exorbitant et peu convenable à la pauvreté de saint Pierre. Héliogabale fut, dit-on, le premier qui porta des vêtements de soie, et Aurélien en refusa une robe

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