Ouin-Lacroix, Hist. de l’église Sainte-Geneviève
Ecclesiam vero S. Pétri quam se facturam promiserat antequam progrederetur ad bellum decenti compositione construere fecit.
XIe SIECLE.
à sa femme pour ne pas payer du fil au poids de l'or. Il nous faut donc, pour suivre la vraisemblance, descendre le classement de notre relique au-dessous de Justinien, lequel donna un développement considérable à cette industrie1, mais en restant encore fort éloigné de l’époque romane. On peut expliquer d’ailleurs le titre de chasuble de saint Pierre par l’attouchement du vêtement à ses reliques, ou par son usage au jour de la fête, et par la confusion qui donna le change à la tradition. Quoiqu’il en soit, notre miniature nous rappelle une chasuble qui fut l’instrument d’un miracle au xie siècle et doit nous faire pardonner les dévelopements où nous sommes entré ici à propos de cette relique.
L’Angleterre n’excellait pas moins que la France dans la fabrication des chasubles; il semble même que les orfrois, la partie où les ouvriers latins appliquaient alors particulièrement leur industrie, fussent plus riches que chez nous. On découpait, dans des étoffes d’or, des pièces en fleurons et on les cousait sur le fond du vêtement; nous avons déjà signalé ce luxe nouveau sur le Bénédictionnaire de saint Æthelwold; nous le retrouvons sur une curieuse miniature du British Muséum (Tiberius, c. vi) 2.
C’était l’époque où sainte Marguerite d’Écosse avait transformé sa demeure en une sorte d’atelier pour les ornements sacrés, et où les plus hautes dames, dans l’ile des Saints, se faisaient gloire de travailler à ces ouvrages.
La Réforme a malheureusement détruit des reliques qui seraient précieuses pour notre histoire; elle a dû exercer aussi sur les livres ses funestes ravages; cependant les livres ont pu quelquefois échapper, et nous en avons encore assez entre les mains pour suivre cette étude et pour recueillir d’invincibles témoignages liturgiques contre les iconoclastes du xvie siècle.
Nous rappellerons ici, par exemple, une miniature dont nous devons copie au crayon de M. Wilson et à son inépuisable obligeance. Elle fait partie d’un manuscrit anglo-saxon du xie siècle (Harl. 2988), et représente un évêque offrant un livre à saint Augustin. Ce personnage porte une