F. Michel
CHASUBLES
ornements religieux. C’était surtout à Constantinople et à Alexandrie que les marchands allaient s’approvisonner. Dans une charte de 1019, un abbé d’un monastère d’Italie mentionne des ornements de soie de Constantinople, et plus loin, deux autres ornements d’autel en soie d’Afrique1.
Michel Ducas fait présent de riches étoffes à Robert Guiscard (1076). On confectionnait aussi dans les ateliers byzantins des ornements à l’usage des Latins; saint Martin, chanoine régulier de Saint-Isidore de Léon, enchemin pour Jérusalem, acheta une chasuble avec l’intention de la rapporter dans son pays et de l’offrir à l’église de Saint-Marciel de Léon'2.
Dans la conquête de Majorque (1 1 1 5), le butin des Pisans comprit des étoffes d’un prix merveilleux :
. Ostrum, byssus, seu purpura, vestes,
Auruin cum gemmis, hispanaque pallia præda.
Je suis persuadé que les Pisans, qui utilisaient pour leurs églises une partie considérable de leurs dépouilles, transformèrent celles-ci en vêtements liturgiques.
Ces étoffes se composaient le plus souvent d’animaux — lions, oiseaux, antilopes affrontés, j séparés par une tige, entourés de feuillages3, d’aigles à deux têtes4, de médaillons contenant des lions5, des oiseaux affrontés comme à Hildesheim, à Provins, Anagni, etc., surtout le vêtement de soie de Pierre Lombard trouvé à l’abbaye de Saint-Victor.
On peut juger de la vogue qu’avaient chez nos pères ces étoffes ornées de lions et de médaillons, par la description que nous a laissée l’histoire des évêques d’Auxerre sous le vénérable Hum-