De Linas, Rapport sur les anciens vét. sacerd. Paris
Violi.et-le-Duc, Costume, p. 36o, PI. iv.
P. Lacroix, Vie relig. et mil. au moyen âge, p. 243.
Quantin, Notice liist. sur la const. de la cath. de Sens.
Alex, de Laborde, Mon. de la France, t. IL
Gaussen, Portefeuille arch. de la Champagne.
Schaw, Dresses and décorations of the middle âge.
Bolland., etc.
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CHASUBLES
voir dans cette forme un souvenir de celle qui prévaudra en s’accentuant pendant le xme siècle. Bock dit que cette pointe appartient aux habits sacerdotaux anglo-saxons, mais nous verrons bientôt cette coupe loin de l’Angleterre.
Nous savons non seulement qu’au xne siècle les orfrois se multipliaient, mais qu’on les découpait en divers rinceaux pour enrichir le fond de l’étoffe, à l’aide d’applications. Nous avons cité une miniature de Bourges; en voici une calquée à Gand (Lamberti canonici liber floridus, U 160) qui nous offre ce genre de décoration sur une chasuble verte. (PI. DXXVIII.)
On observera ce même genre de richesse à Peterborough sur la tombe de l’abbé André (-J- 1 194). (PI. DXCIX.)
Un manuscrit du British Muséum nous montre un archevêque tenant une croix en guise de crosse, bénissant et couvert d’une chasuble sur laquelle un étroit galon crucifère, comme une sorte de pallium, ceint les deux épaules et retombe verticalement en avant.
Les monuments nous conservent encore en Angleterre de précieux documents sur les chasubles. — Nous avons gravé (PI. DXCVIII) les effigies de deux tombeaux dans la cathédrale de Salisbury *, l’une de l’évêque Jocelin (-J- 1 184), qui est représenté vêtu d’une chasuble à plis multiples, longue en avant, ornée de broderies sur les épaules et d’un orfroi central avec cette inscription: Affer opem devenies in idem; cette exhortation, que le moyen âge aimait adresser aux vivants par le langage des morts, n’a jamais, sans doute, figuré sur aucune chasuble, mais on peut croire que l’idée de l’inscrire sur l’orfroi fut inspirée au sculpteur par la vue de quelque légende brodée à cet endroit du vêtement sacerdotal.
A propos de l’Angleterre, citons l’Exposition de broderies qui eut lieu à Londres en 1880, et dans laquelle Lady Catherine Berkeley envoya neuf fragments d’ouvrage en anglais du xne siècle et deux d'opus anglicanum du xme siècle. (Catalogue n° 1 1 2.)
1. M. Nightingale a eu la bonté Je nous envoyer les estampages.
Voir aussi Stothard, Mon. de la Grande-Bretagne.
Knight, Old England , 1 vol.
Dans la Bibliothèque Bodleian, à Oxford, nous trouvons un manuscrit curieux au point de vue liturgique (n° 352); c’est un commentaire de l’Apocalypse par Haimon. En frontispice, un moine, Rudolfin, offre le livre à saint Biaise qui est couvert de ses habits pontificaux; il porte une chasuble gros bleu avec orfrois jaunes semés de pois rouges. Malgré quelque confusion dans le tracé, on peut dire que la dalmatique est jaune bordée de rouge, l’aube bleue avec de larges bandes verticales jaunes et rouges, sur lesquelles descendent une mince étole jaune et frangée1. (PI. DXCVII et DCLV.)
On voit dans le même manuscrit deux chasubles jaunes à orfrois rouges, etc.
Les autres manuscrits de la Bibliothèque contiennent peu de détails liturgiques avant i3oo. La plupart des Missels enluminés sont du xive siècle et même postérieurs.
Gondolphe, évêque de Rochester (1077-1108), donne à son église « casulam principalem, undi- « que de auro circundatam, et alias très de pur- « pura nigra»; son successeur « duas casulas opti- « mas scilicet nigram, ante et rétro cum lista « bruslatam et aliam que est cotidiana i ».
On conserve, en Allemagne, des chasuoles qui passent pour avoir servi à saint Bernard (f 1 i53)3, et notamment celle du dôme d’Aix-la-Chapelle ou apparaît la forme ogivale dans la coupe inférieure ; mais il est possible, comme le croient les deux bénédictins4, qu’elle ait été échancrée depuis. L’étoffe est un lourd tissu de soie bleu foncé sur lequel sont jetés de petits bouquets en perles blanches. Les garnitures du col, d’après les traces qui en restent, étaient tissées d’or, d’argent et de rouge. — La longueur est telle que les
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1. M. James Parker, dont la fille, avec une fidélité de dessin remarquable, nous a donné copie de ses miniatures, y a joint quelques renseignements. La peinture de saint Biaise ne semble pas de la même main que les autres peintures du manuscrit et paraît plus barbare. Le texte peut remonter à ii5o, et même à une époque antérieure.
M. Westwood pense que ces miniatures peuvent dater de 1100, mais qu’elles sont probablement plus tardives. Audessus de saint Biaise, on lit cette inscription :
Accipies digne Blasi sacer atque benigne.
2. On trouvera pour les chasubles et autres ornements liturgiques de curieux détails dans l'Inventaire des dons faits à la cathédrale de Rochester, réimprimé par M. Bishop.
Voir Revue de l’Art chrét., 1887, 332.