‹ La messe (volume 5)Chapitre 258 sur 303 · Barbier de Montault, Ann. arch., XVII · texte numérisé non relu

Barbier de Montault, Ann. arch., XVII

Phot, de SlMELLI.

CHASUBLES

espèce de satin que les Italiens appellent raso et dont est faite la mozette d’été du pape. Elle est brodée de médaillons avec griffons, aigles à deux tètes, oiseaux affrontés, et, dans les tympans, de feuillages.

L’orfroi, en avant, a la forme d’un T, souvenir de la croix, arbre de vie, arbre qui porte aussi dans ses rameaux les images des ancêtres du Sauveur ; on les reconnaît à leurs noms inscrits sur les livres. La sainte Vierge y paraît les mains en orante et au-dessus le Christ placé entre l’A et l’Q. L’orfroi du dos descend depuis la nuque jusqu’en bas; il figure, dans des médaillons, saint Pierre bénissant et tenant les clefs, saint Paul avec le livre et le glaive, saint André avec la croix, qui n’a pas la forme d’X, et enfin trois autres apôtres avec des livres, mais sans attributs spéciaux '.

XL'1' Barbier de Montault pense avoir retrouvé encore, dans le riche trésor d’Anagni, un lambeau d’orfroi d’une chasuble, ainsi décrite dans l’inventaire : « una planeta de panno tartarico ad aururn, « cum aurifrisio de auro cum multis scutis, et in « pede a tergo cum litteris « Penne fit me. » Le « nom de l’artiste a malheureusement disparu.

Sur le portail de Saint-Marc, de Venise, une mosaïque représente la translation des reliques. Un des évêques qui portent la châsse a une chasuble rouge rehaussée d’or, avec orfrois d’or perlés. (PI. DCXXV.)

Les monnaies épiscopales d’Ancône et d’Aquilée (PL DCIV) nous donnent aussi des images de chasubles au xme siècle.

Les documents et surtout les images abondent devant nous pour le xme siècle ; nous en avons disposé dans nos planches un certain nombre qui permettront d’en juger. Des statues ou bas-reliefs empruntés aux cathédrales d’Amiens, de Reims, les vitraux de Coutances, de Bourges, nous montrent que la chasuble conservait encore une ampleur considérable (pl. DCX), une fresque de Civray(Pl. DGXI II), qu’elle avait encore de riches étoffes pour le fond. Sur les sceaux de Régnault de Bau, évêque de Chartres (-J- i2o5) (Pl. DCVI), de l’abbé Jean, à Chartres (1209), de Troyes

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