Bib. nat., ms. latin, 11912, f
XIIe SIECLE.
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Hcukelum, curé de Jutphaas, nous en a fourni une illustration très soignée qui a permis de l’étudier facilement. Elle a im8o de haut, 3mob de circonférence dans le bas1. Les manches, serrées aux poignets, s’élargissent sous les bras. — - Relativement étroite à la taille, elle s’étale obliquement jusqu’à une haute bordure qui retombe verticalement. Cette aube, en toile de lin grossière, est ornée d’orfrois à dessins sarrasins qui représentent des aigles, des griffons, des cerfs, etc., et des rinceaux; ces dessins sont rouges et bleus. La grande bande inférieure est aussi composée de plusieurs galons cousus l’un à côté de l’autre. — Ces passements, dépourvus de tout symbolisme chrétien, devaient être répandus dans le commerce et sortir des ateliers siciliens. Nous en trouvons de singulièrement analogues sur la chasuble donnée par saint Henri à Ratisbonne 2 et sur des fanons de mitre à Monza.
Les chrétiens, qui devaient longtemps encore acheter des étoffes aux Arabes, s’émancipèrent plutôt pour la fabrication des orfrois; mais ici ils sont encore évidemment leurs tributaires.
Ce précieux vêtement a figuré, en 1 883, à l’Exposition d’Amsterdam. (PL DXIX.)
On ne s’étonnera pas du petit nombre d’images dont nous pouvons invoquer le témoignage dans l’étude des aubes, en pensant qu’elles sont presque toujours cachées par les dalmatiques et qu’elles se confondent avec elles; on pourra voir, dans les miniatures du ménologe du Vatican, qu’elles paraissent aux bras, ou le poignet est serré, ornées de deux galons et quelquefois de dessins divers. (PL CDV.)
Aujourd’hui, en Orient, le sticharion est l’équivalent de notre aube; il ressemble assez pour la forme aux plus anciennes aubes. Celui que nous avons dessiné à l’église russe de Paris a près de 2 mètres dans le sens de la longeur des manches, om65 à la taille, il s’élargit sensiblement dans le bas. Le col, ouvert de orai4, est échancré en avant pour faciliter l’entrée de la tête. Il est en velours d’Utrecht blanc; les manches, rétrécies au poignet, v sont serrées par des cordons. Derrière, une croix équilatérale en or est brodée à om 14 de la nuque.
Chez les Grecs, les lecteurs et les chantres portent une tunique courte, en fil de lin, qui symbolise, si elle est rouge, le manteau de pourpre de Notre-Seigneur, si elle est blanche, la pureté. La tunique du sous-diacre est moins longue et plus étroite que celle du diacre; elle est ceinte L
Chez les Arméniens, l’aube est un peu moins ample que les nôtres. Elle peut être de soie ou d’une autre étoffe; ordinairement elle est en lin. On l’appelle chapik, ce qui correspond au mot camisia 2.
XIIe SIÈCLE.
Voici les idées qu’on se faisait de l’aube dans l’Italie au xne siècle, d’après le célèbre évêque de Crémone : « L’aube, dit Sicard, que dans la loi « on appelait tunique, s’appelle talaris chez les « Latins, poderis chez les Grecs; c’est un vêtement « blanc descendant jusqu’aux talons, garni au « milieu d’un étroit capuce avec oreilles3, elle de- « vient très ample par le bas; elle est l’emblème « de la chasteté. »
Le même auteur dit encore : « Nous ne devons « nous servir des vêtements sacrés que dans le sanctuaire, et non pas lorsque nous allons vers le
1. Reusens, Éléments d’archéologie, édit, de 1 885, I , 5 1 g.
2. PP. Cahier et Martin, Mélanges d’arch., Il, XVetXVL. Caractéristiques des saints, p. 206.