Bock, Hist. des Vêt. liturg., PI. vin, fig. n
CHASUBLES
La chasuble d’Albert le Grand (f 1280), que conservent les dominicains de Cologne, offre au contraire un spécimen des types nouveaux, où les parties inférieures échancrées laissent aux bras plus de liberté ; cette chasuble fort élégante ne paraît pas avoir été retaillée depuis le grand homme à qui elle est attribuée. Prise dans un tissu bleu uni foncé, doublé de vert clair, elle a un col assez ouvert en avant et dont le galon se rattache à l’orfroi vertical, puis aux bretelles. Les orfrois en or portent des losanges alternativement bleus, rouges et blancs, ornés de dessins et accompagnés dans les angles de losanges plus petits1.
Nous avons gravé (PI. DCXV et DCXVI) deux chasubles conservées au Musée de Brunswick, dont la coupe se rapproche de celle de Biville; l’une est taillée dans une étoffe sarrasine ornée de lions, d’aigles en or et sur fond pourpre; on y a brodé en relief, au xve siècle, deux écussons timbrés. La seconde est taillée de même ; elle est en soie avec ornements jaunes sur fond rouge. Parmi ces ornements, on remarque des cerfs qui portent au cou des couronnes alternativement vertes et bleues.
A Melk nous signalerons, pour le xme siècle, une chasuble 2 en forme de cloche, en soie violette et lin. Les broderies d’or et de soie, sur fond losangé avec rosaces, rappellent la Présentation et le Crucifiement; elle est en forme de cloche et mesure 1 m 44 de haut sur 2 mètres de large.
La chasuble du xme siècle conservée dans l’abbaye de femmes de Goss3, près Leoben (Styrie), est malheureusement retaillée et devait appartenir à la catégorie de celles qui restaient découpées sur les anciens modèles. On voit sur l’étoffe, en avant, figuré un crucifiement dans un médaillon à fond rouge, encadré par cette légende interrompue par le haut :
Aspice mortalis Christiane
Datus hostia talis 4- in cruce sum !
Christiane, cessa peccare, rogo te.'