Bock, Histoire desVétements liturgiques, PI. II, chromo
fois, la ressemblance est telle, qu’on les confond, et qu’aujourd’hui les savants hésitent sur leur destination. Ajoutons que souvent des vêtements employés dans les sacres passèrent dans la suite aux usages liturgiques.
Willemin a reproduit, sous le titre de «tunique de Charlemagne », des vêtements impériaux autrefois conservés à Nuremberg. La plus courte s’appelle l’aube, celle figurée en dessous, dalmatique. L’aube est faite d’une étoffe de soie blanche, espèce de taffetas solide, qu’on appelait samit; elle a une échancrure pour le cou et porte au-dessous une plaque rouge, sans doute destinée à rappeler le pectoral du grand prêtre des juifs. — Elle porte aussi, au-dessous des épaules et au bout des manches, de riches parements brodés en perles sur fond d’or.
Dans le bas s’étendait une large bordure brodée en or sur fond pourpre, et qui consiste, à proprement parler, en cinq bandes cousues les unes aux autres. La plus large, celle du milieu, n’offre que des ornements, trois rangs de griffons affrontés, mais les deux autres présentent des inscriptions, savoir : la première et la quatrième une inscription coufique presque effacée, mais dans laquelle on a distingué le nom d’Othon. La seconde et la cinquième, une inscription latine répétée sur chaque bande exactement dans les mêmes termes, dont voici la traduction : « Fait dans l’heureuse ville de « Palerme, la quinzième année du règne de Guil- « laume II, par la grâce de Dieu, roi de Sicile, « duc de Pouille et prince de Capoue, fils de Guil- « laume I, xive indiction. (Cette aube) fait partie « des vêtements dont la confection a été ordonnée « dans les ateliers royaux, toujours bien montés, « pour le très-honoré roi Guillaume II, lequel « prie Dieu de lui accorder sa force; il est assisté « de toute sa puissance et demande la victoire « à celle-ci par ses prières; seigneur d’Italie, « de la Lombardie, de la Calabre et de la Sicile; « (protecteur) puissant du pape romain et détente seur de la religion chrétienne; daté de la petite « ère xiii, an 1181 de l’ère de Notre-Seigneur « Jésus, le Messie L »