Demay, Galette des Beaux-Arts
elle est accompagnée de saint Pierre et d’une impératrice. Aux pieds de la sainte Vierge, un prélat agenouillé est représenté dans des proportions très réduites. L’exécution de cette broderie rappelle le grand style des mosaïques byzantines. Les draperies, les auréoles, le terrain sont en fil d’or; les f- '' traits des plis et des contours sont dessinés avec de 1 la soie gros bleu; les chairs sont brodées en rose, reprises au vermillon, le tout s’enlevant sur un f(U,' fond écarlate. Le P. Martin a donné, à la page 263 des Mélanges d’archéologie, une assez exacte représentation de ce beau fragment
En Angleterre, dans la vie des abbés de Saint- Alban, nous lisons : « albas duas cum paraturis « brodatis. »
Le symbolisme de l’aube reparaît dans les écrivains du xme siècle sous la même forme et les mêmes expressions qu’aux siècles précédents.
Selon Innocent III, l’aube représente la vie nouvelle que Jésus-Christ avait en lui; ses vêtements étaient éclatants de blancheur, car il 11e fut jamais souillé d’aucun péché. « Le pontife revêt « l’aube et l’adapte convenablement à ses bras et « tout autour de son corps, pour montrer que « dans le prêtre tout doit être réglé et ordonné.
« Sa blancheur exprime la pureté du cœur, ainsi « qu’il est écrit : « Qu’en tout temps vos vêtements « soient sans tache. » L’aube est tissée de lin, parce « qu’il est écrit que le lin représente la justice et « les vertus des saints. Car, de même que le lin,
« après avoir été longtemps broyé et frappé, doit « à l’art une blancheur qu’il n’a point de la nature,
« ainsi la chair de l’homme, longtemps châtiée par « la mortification et la pénitence, reçoit de la grâce « une pureté qu’elle ne peut acquérir par les forces « de la nature seule.
« Sous l’ancien sacerdoce, l’aube était étroite à « cause de cet esprit de servitude qui conduisait « alors les âmes par la crainte. Sous la loi nou- « velle elle a plus d’ampleur pour marquer cette « sainte liberté dans laquelle nous établit l’esprit « d’adoption qui nous a faits enfants de Dieu. En « outre elle est ornée, en diverses manières, de « franges, d’ouvrages de broderies, d’or, et même « quelquefois de pierreries, en souvenir de ces « paroles du psaume : « La reine s’est tenue à