‹ La messe (volume 5)Chapitre 52 sur 303 · Lettre du 24 août · texte numérisé non relu

Lettre du 24 août

4. Nous avons tiré ces curieux details de l'ouvrage de M. Butler, Coptic churches, II, p. 124.

CEINTURES

de la majesté du Christ victorieux. Il parle aussi, dans sa description, des différents vêtements ecclésiastiques, de la serviette attachée à la ceinture des diacres h

Quoique les peines pour le port de la ceinture, signalement distinctif entre chrétiens et musulmans, soient abolies depuis longtemps2, les uns et les autres s’en servent encore en Orient et peuvent nous fournir d’utiles renseignements sur la manière dont on en usait autrefois comme vêtement liturgique. En effet, les riches marchands du Caire ou les sheikhs la portent d’une façon analogue aux prêtres.

Comme le burnus ou chasuble des Coptes estle burnus ou vêtement de dessus des Arabes d’Egypte, comme la dalmatique ou camisia est la ; longue robe que les Arabes appellent kamis, ainsi la ceinture sacrée n’est autre chose que l’ancien mantakah ou ha\am.

On conserve au Caire, dans l’église de Ab- Kîrwa-Yuhanna, une belle ceinture de velours cramoisi avec agrafe niellée d’argent qui doit dater

1. Hist. eccles. et mystica contemplatio. Patrol. grec., XCVIII, 394.

2. Les chrétiens de Syrie s’appelaient chrétiens de ceinture, parce que Matavaxhel X, calife ahasside, les obligea en 85G à porter une longue ceinture de cuir. (Morqni, Dict.)

du xvie siècle. Sur un pilier de Al Mu’allakah une peinture du vme siècle, ou peut-être plus ancienne, nous montre une ceinture liturgique assez semblable à la précédente, ce qui semble prouver à la fois que du temps de cette peinture le costume sacerdotal était fixé, et que la tradition en a fidèlement suivi les règles.

A l’origine, la ceinture fut sans doute reçue plutôt comme une nécessité parmi les vêtements liturgiques, que comme un élément constitutif et symbolique du costume; je ne saurais dire à quelle époque elle fut admise réglementairement, mais il est certain que les auteurs du ixe siècle la considèrent comme en faisant tout à fait partie.

« Le troisième vêtement , dit Raban Maur « (j 856), est la ceinture (cingulum sive balteum) « dont on se sert pour empêcher la tunique de « descendre trop bas et de gêner la marche. Elle « signifie la garde de l’esprit. Celui qui, vêtu « d’une tunique talaire, n’a pas de ceinture, voit « la tunique glisser, laisser le corps découvert et « exposé au vent et au froid, ses pieds embar- « rassés parles plis; et s’il marche dessus, il peut « tomber. Les prêtres qui revêtent les aubes doi- « vent conserver la chasteté, ils les serrent avec « des ceintures, de peur que cette chasteté ne soit « tiède et négligente, de peur que le vent de l’or- « gueil, en pénétrant, n’enfle son esprit, de peur « que, sous les progrès de l’iniquité, leur charité « ne se refroidisse, que la présomption n’entrave « la marche de leurs bonnes œuvres, que l’élan « de leur vertu ne soit ralenti, que la concupis- « cence terrestre ne les souille et ne les avilisse « et ne les conduise à la ruine dernière1. »

Un autre auteur du ixe siècle 2 voit dans la ceinture la modération dans les vertus, qui, sans elle, deviendraient des vices , « nam virtutes in quo- « dam meditullio sunt constitutæ. »

On s’explique par les hautes idées de ce symbolisme qu’on aimât à rendre les ceintures précieuses ; aussi voyons-nous Riculfe, évêque d’Helena (-j- 91 5), léguer entre autres objets pre-

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