‹ La messe (volume 5)Chapitre 59 sur 303 · Advenichian , liturgie, trad. de Pascal, I · texte numérisé non relu

Advenichian , liturgie, trad. de Pascal, I

Dusseldorf. — Miniature du xive siècle, aux archives d’État,

MANIPULES

L’origine des manipules est incertaine et présente une étude pleine de difficultés. — Beaucoup de liturgistes, même fort anciens, ont cru la voir dans la nécessité d’un mouchoir pour essuyer les humeurs du visage. Amalah-e disait : « Nous avons « coutume de nous servir du sudarium pour es- « suyer les humeurs des yeux ou du nez et enlever « des lèvres l’excédent de salive qui peut les « baigner1. »

Alcuin (De officiis): « La mappula qu’on porte « au bras gauche, pour s'essuyer le visage, montre « la vie présente oü affluent les humeurs. »

A la fin du xie siècle, Ives de Chartres : « On « pose à la main gauche une certaine mappula « qui sert à sécher les larmes fréquentes et les « pituites des yeux 2. »

Etienne d’Autun3, en i i 1 3 , parle delà mappula « qui essuie les larmes que distillent les yeux, et « nous excite à veiller. »

Au milieu du xn°siècle, Honorius d’Autun : «Les « prêtres portent au bras gauche un fanon, appelé « aussi manipule ou suaire, parce qu’ils s’en ser- « vaient autrefois pour essuyer la sueur de leurs « visages. »

Innocent III : « Le prêtre porte sur le bras « gauche ce qu’on appelle le manipule, qui autre- « fois, comme l’orarium, servait à essuyer la « sueur du visage. »

Durand de Mende : « Le manipule signifie l’acte « d’essuyer la sueur de l’âme. »

Dans ces incertitudes, nous devons remonter à l’antiquité pour trouver l’origine de cet usage liturgique. Nous verrons, en rapprochant les monuments, que le manipule provient de l’antique mappa ou serviette de table qu’employaient les Romains et qu’ils emportaient avec eux, l’amphitryon n’en fournissant pas à ses convives. Ces mappæ étaient quelquefois frangées, comme le prouve une peinture de Pompéi ou elle figure, suspendue à un clou, parmi beaucoup d’objets de table1; en dehors du repas, elle se pliait sur le bras gauche.

On vient de faire une découverte dans le cimetière gallo-romain deTavaux (Jura), que M. l’abbé Brune a eu la bonté de nous communiquer, et qui jette une grande lumière sur cette question2. C’est une stèle du me siècle qui représente une dame romaine tenant une coupe de la main droite et sur son bras gauche une mappula frangée; le rapprochement du calice et de la mappula indique bien l’action d’un festin, ce qui se rapporte aux idées et aux représentations funéraires des anciens. (PL DXXIII bis.) Nous avons gravé sur la même planche des monuments antiques du musée de Sens, ou cette serviette figure 3, un ma-

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