‹ La messe (volume 5)Chapitre 60 sur 303 · Rien, Dict · texte numérisé non relu

Rien, Dict

2. Mémoires de la Société d’émulation du Jura, 1887. Tirage à part.

3. M. Julliot nous a permis de les emprunter à la publication de la Société archéologique, PI. xn et xiv.

MANIPULES

nipule que tient à la main une des suivantes de Théodora dans la mosaïque de Ravenne, et une coupe de verre que M. de Rossi1 nous a communiquée. Nous citerons encore le tombeau galloromain de J ucunda, à Auxerre, que M. Victor Petit a dessiné dans le Bulletin monumental5, et une stèle à Autun3, sur laquelle le personnage tient une mappa de la main gauche.

Je serais disposé à croire Cassiodore lorsqu’il raconte que Néron, un jour dînant dans la Maison dorée, qui avait vue sur le Circus Maximus, prit sa serviette de table et la jeta par la fenêtre comme le signal des courses. L’usage de jeter une pièce d’étoffe en cette circonstance est beaucoup plus ancien, mais il est possible que depuis ce jour elle prit le nom de mappa et devint un insigne consulaire. Les premiers chrétiens qui firent pour leur liturgie naissante tant d’emprunts aux usages domestiques, y prirent, sans doute, l’idée d’apporter au banquet eucharistique les ustensiles des festins ordinaires ; nous les avons vus se servir des tables, des calices, des catina qu’ils trouvaient dans leurs maisons; n’est-il pas tout simple de penser qu’ils firent une importation du même genre pour les nappes manuelles? Ne peut-on supposer que leur introduction dans le sanctuaire les fit employer aussi comme voiles de mains en l’honneur des choses saintes?

Le manipule est signalé comme un des linges sacrés qui, dès les premiers siècles, étaient donnés aux ministres de l’autel. Saint Sylvestre (3 iq-j-335), selon le Livre pontifical, « constituit ut diacones « dalmatica uterentur in ecclesia et palla linostina « læva eorum tegeretur. »

Plus tard Zozime (417) « fecit constitutum ut « diacones lævas tectas haberent hora sacrifiai « de palliis linostinis. » Le vocable læva , ainsi employé d’une manière absolue, signifie dans son sens ordinaire, le bras ou le poignet gauche, où aujourd’hui encore, se suspend le manipule4.

Nous possédons parmi les monuments chrétiens une peinture qu’on peut tout à fait rapprocher de la stèle de Tavaux. (Pl. DXXIV.) Au fond d’un arcosolium, dans la catacombe de Syracuse, il

Page 1