‹ La messe (volume 5)Chapitre 69 sur 303 · Ann. arch., VII · texte numérisé non relu

Ann. arch., VII

6. L’abbé Martigny nous dit que ce fut seulement après le xi' siècle que les sous-diacres purent le porter.

prendre le manipule, car auparavant, à l’abbaye de Cluny, les enfants de chœur eux-mêmes en portaient.

Les exemples de manipules figurés ne sont pas rares au xie siècle; on y retrouve même l’usage carlovingien de le tenir aux doigts. Dans une peinture de l’église souterraine de Saint-Clément, où le saint titulaire est figuré disant la messe, il a les bras étendus et dans la main gauche un manipule crucifère et frangé. (PL DXXIV.)

Cette manière se retrouve sur un manuscrit contemporain du Mont-Cassin (cap. De clericis, 1. 71). Le prêtre, assis, couvert de la chasuble, a ses mains en avant; dans sa gauche, on remarque un petit manipule très court, terminé par deux trapèzes; il le tient en passant la bande entre l’annulaire et le médium. (PL DXXIV.)

Nous savons, d’après la chronique, qu’alors, au Mont-Cassin, il y avait des manipules d’une grande richesse. « Fanones aurei pro subdiaconibus « très....; et plus loin : « fano imperialis aureus « totus. »

La chronique du monastère de Saint-Vincent sur le Vulturne nous montre encore au xne siècle les diacres tenant le manipule entre leurs doigts1.

L’histoire attribue bien authentiquement la tapisserie du musée de Bayeux au xie siècle, et cependant l’archevêque Stigant, qu’on y voit figuré, tient encore le manipule dans la main gauche; ce manipule, de couleur rougeâtre, a de petites bordures rouge foncé; aux extrémités, où il s’élargit, il est traversé de deux bandes bleu foncé séparées par un intervalle jaune, et terminé par une frange. (PL DLXXVI.) Nous pouvons joindre cette image à celles citées tout à l’heure de Saint-Clément et du Mont-Cassin, pour prouver la continuité de l’usage carlovingien. Il y avait dans l’ancien chapitre de Reims une coutume analogue et qui consistait, pour les chanoines, à porter un manipule attaché au petit doigt de la main gauche2.

Le manuscrit de Saint-Benoît, à Troyes, nous donne encore un exemple d’un manipule porté de la main droite par un abbé. Je crois, du reste, que dès lors, c’était l’exception, et que les manipules se mettaient habituellement comme aujourd’hui;

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