Archceol. iournal, 1880, p
car nous verrons sur une mosaïque chrétienne de Tabarka une véritable étole au cou d’une orante qui a une tunique enrichie de claves, ce qui prouve la distinction de ces objets par la simultanéité de leur emploi. — D’ailleurs, pourquoi les claves auraient-ils subsisté si longtemps, après que nous pouvons constater la présence de l’étole sur la dalmatique ?
Les usages romains pourront nous aider encore ici à découvrir l’origine '.Je ne m’arrêterai pas à la bande frangée que les bas-reliefs antiques nous offrent sur l’épaule des assistants aux sacrifices, parce que cet ornement n’était pas une simple bande comme l’étole, mais un manteau plié. (PL DXXIX.) — Parmi les souvenirs païens, je citerai la prêtresse de Diane, caractérisée par une étole semée de croissants et d’étoiles. Dans le sacrifice d’Iphigénie, un pontife est représenté vêtu d’habits magnifiques : il porte sur la poitrine une bande croisée qui pend jusqu’à mi-jambe. « Ainsi l’étole, dit M. Gnys2, était regardée comme un signe de dignité et le symbole de la sainteté du ministère sacerdotal. » Fairholt rapporte une image qu’il dit avoir copiée à Rome, d’après un bas-relief, et qui nous montre une véritable étole liturgique chez les païens; un centurion offre un sacrifice
1. Voyez un bas-relief au Louvre; un autre dans Ménard, La Vie privée des anciens , les Institutions, p. 6q5.
V isconti, Mon. scelti Borghesiani. Roma, 1821, If, PI. v.
Lamberti, Scultura delta villa Borghese, 1 796.
Lasinio, Raccolta de mon. del campo santo, PL en.
2. Henri Gnys, Mémoires de l’académie de Marseille , 1868, 1 5 5.
MESSE
ETOLES.
DO
et porte au cou, tandis qu’il fait les libations sur l’autel, un long ruban dont les bouts frangés retombent en avant L
On trouve aussi cet ornement dans les vêtements civils de l’antiquité, témoin une figure de femme qui porte deux rubans croisés sur la poitrine 2.
Les exemples d’étoles ne sont pas rares dans l’iconographie chrétienne primitive. — Au cimetière des saints Pierre et Marcellin, le bon Pasteur est représenté de même avec un double ruban en croix3 4.
Dansle cimetièrede Galixte, une femme est peinte devant un muid de grains qu’elle embrasse, et sur son manteau, agrafé en avant, sont deux lanières qui doivent être un orarium; cette peinture remonte à la seconde moitié du me siècle ou au commencement du ive — On a découvert dernièrement, dans le presbyterium du dôme de Pola, un tombeau sur lequel est figurée une orante les bras levés, et sur les épaules de laquelle retombent les bandes de l’orarium5. (PI. DXXIX.)
Cet ornement était tellement le privilège des chrétiens en prière, qu’on vient de découvrir en Tunisie, à Tabarka, une mosaïque funéraire, comme il y en a beaucoup dans ce pays, sur laquelle est figurée une jeune fille en orante avec une véritable étole autour du cou. Cette jeune fille, désignée par l’inscription Cresconia innocens in pace A + ü, aies bras étendus; de chaque côté sont des flambeaux. (PI. DXXIX.) Le ruban, assez étroit, blanc, retombe sur la poitrine jusqu’à la ceinture, où il se termine à ses deux bouts par un carré rouge et une frange. On ne peut le confondre ni avec le collier, ni avec les claves, qui sont jaunes; ce monument prouve, comme nous le disions tout à l’heure, que les claves sont indépendants.