Id., PI. xx, fig
5. Pulgher, Relaqione ed illust, di alcuni cimelii del duomo di Pola. Parenzo, 1 885.
Tous les premiers auteurs chrétiens se sont servis du mot orarium; mais il est quelquefois difficile d’en appliquer le sens à un objet bien déterminé. Saint Jérôme, dans sa lettre à Nepotianus : « Plénum decoris est referta marsu- « piis : quod sudarium orariumque non habeas « gloriari. »
Saint Ambroise l’emploie comme exprimant un suaire: «Et faciès ejus(Lazari)orario colligataerat.» Il rapporte aussi que son frère Satyre, pour éviter
le naufrage, se jeta à la mer après avoir enveloppé
la divine Eucharistie dans un orarium.
Saint Chrysostôme, dans l’homélie de l’Enfant prodigue, a donné à l’étole le nom d’une fine pièce de lin, et il dit que les ministres de la liturgie, lorsqu’ils traversaient l’église avec cette étoffe sur l’épaule gauche, ressemblaient aux anges avec leurs ailes.
Le concile de Laodicée (ive s.), voyant que les ministres au-dessous de diacre avaient usurpé cet insigne, décréta que le sous-diacre ne devait pas porter l’orarium, non plus que les lecteurs et les chantres.
On lit dans l’Ordo romain : « Si diaconi ordi- « nandi sunt, dat eis orarios et dalmaticas : si « vero Presbyteri, orarios et planetas. » — Et ailleurs : « Accedens autem archidiaconus tollat « orarios de confessione qui hesterna die repositi « sunt. »
VIe-VIIc SIÈCLES.
Saint Grégoire le Grand envoie des oraria comme présents à Constantinople.
Le concile d’Orléans (5oi) défend l’usage de l’orarium aux moines et ne l’autorise que pour les diacres, et seulement pendant la messe.
Le concile de Braga 1 (563) ordonne de croiser
1. M. Gay dit que la défense de mettre l’orarium sous la dalmatique venait de ce qu’elle se confondait avec 1 aube. Ann. arch.) VII, 70.
VIe SIÈCLE.
l’orarium sur la poitrine (3 can.) : « Sacramentum « corporis et sanguinis Domini Nostri Jesu « Christi sumpturus non aliter accedat sacerdos « quant orario utroque huntero circumseptus, ita « de uno eodemque orario cervicem pariter et « utrumque humerum premens signum in suo « pectore præparet crucis. »
Le même concile décide que les diacres devaient, pour se distinguer des sous-diacres, porter l’étole sur la tunique.
Il est question de l’étole dans la vie de saint Maur (58q), écrite par son compagnon Faustus; il est dit qu’il guérit un boiteux en lui imposant son étole avec le signe de la croix. « Nous cornet mençâmes en même temps que les parents à le « prier de guérir l’enfant. Mais lui, comme il « était très pieux, il fondit en larmes, se prosterna « en oraison et pria très longtemps. Il avait une « étole, ayant, sur l’ordre de son bienheureux « maître, été ordonné diacre dans l’année, et selon « l’usage, par grâce de sainteté, il la portait comité nuellement la première année. Il l’ôta de son « cou et la posa sur la tête de l’infirme en faisant « le signe de la croix, puis, levant les yeux au ciel,
« il dit : Seigneur Jésus-Christ1 . » — Ce
passage est très intéressant en ce qu’il nous met au courant delà manière de porter l’étole, cependant nous ne le rapportons qu’avec une certaine réserve, parce qu’on sait que Odon, au ixe siècle, fit des interpolations dans ce manuscrit. Le Père Garrucci le cite comme écrit avant 61 5.
On lit dans la vie de saint Fulgence (-{- 533) (cap. xvi 11), évêque de Ruspe, que, sans doute par humilité, il ne se servait pas d’étoles comme tous les évêques : « Orario quidem sicut ont nés Epis- « copi, nullatenus utebatur. »
Saint Génébaud, évêque de Laon (f 55o), lorsqu’il alla pour se confesser du crime qu’il avait commis, voulut déposer aux pieds de saint Denis son étole (stolam deponerenititur reus). Voici l’expression de stola employée pour le viesiècle, mais
1. Stolam cum qua eodem anno jubente beato magistro suo ordinatus ad ministerium fuerat leviticum et quam, juxta morem, sanctitatis gratia, primo indesinenter ferebat anno, de collo suo protulit et super caput infirmi,
crucis signum faciens, posait . (Acta ord. S. Benedicti,
n’oublions pas qu’elle se trouve sous la plume d’un écrivain du xe siècle1.
Grégoire de Tours parle de l’orarium à propos du martyre des saints Héméthère et Célédoine, qui eut lieu en Espagne, et du miracle qui se produisit à la vue du peuple quand ils furent décapités; l’anneau de l’un, l’orarium de l’autre, furent saisis par un nuage et emportés dans les cieux ; on put suivre assez longtemps l’éclat de l’or, la blancheur du lin de ces deux objets. — Grégoire cite les vers de Prudence (hym. IV, lib. I, Périst .)2.
Illius fidem figurans nube fertur annulus;
Hic sui dat pignus oris ut ferunt orarium.
Ces martyrs étaient des soldats romains; il est peu probable que l’orarium fût ici une chose liturgique.
On doit penser que dans les Gaules il était porté par des gens tout à fait étrangers au sanctuaire, comme le juif Priscus, que Grégoire de Tours nous montre allant à une cérémonie judaïque, « præcinctus orario 3. »
D’après cet historien, il semble que dans les Gaules l’orarium ait été surtout pris par les princes. Lorsque Sigismond, écoutant les calomnies de sa femme contre son beau-fils, ordonna de mettre Sigiric à mort, le jeune prince était endormi ; son orarium, passé au cou et attaché sous le menton, servit à l’étrangler, « cui dormienti, orarium sub « collo positum, ac sub mento ligatum \»
Il raconte le même fait pour Chram, victime aussi de la vengeance de son père. « Super scam- « num extensus orario suggilatus est ’. »
Grégoire de Tours emploie aussi le mot stola : « Leviticæ stolæ candore in Ecclesia micant », mais je pense que nous devons l’entendre dans le sens de tunique blanche.
On croit conserver à Arles une étole du vie siècle, celle qui aurait appartenu à saint Césaire. Elle est en lin, formée de deux bandes