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Migne, XCIX

I Xe- Xe SIECLES.

un groupe de cinq cabochons et par des traits au travers de la bande formés de perles. — Le sujet du sommeil de saint Ambroise devant l’autel nous montre sur le diacre une étole plus simple, qui n’est ornée que dans le bas par un compartiment carré et des perles. (PI. VIII.) Dans les deux images il y a absence de franges.

L’ivoire de M. Spitzer nous fournit un exemple intéressant des étoles carlovingiennes ; une longue bande passée autour du cou, entre la chasuble et la dalmatique, large de 5 à 6 centimètres, descend un peu au-dessus du cou-de-pied. — Toute l’ormentation est réservée pour le bas; elle consiste, à partir de 25 centimètres environ des extrémités, en deux zones de quadrillés entre lesquelles est brodée une fine rosace, enfin une courte frange termine le tout. L’ivoirier, en traçant ces ornements, a certainement eu l’intention d’imiter des broderies, et les a rendues avec une finesse merveilleuse. (PL CDLXXVIII.)

Dans le sacramentaire de Tours (PI. VII ', entre la chasuble minium et la dalmatique pourpre du célébrant, on voit passer deux étroites bandes d’or qui tombent jusqu’aux pieds; aux extrémités elles sont ornées de perles ou de pierreries et de franges; ce sont les deux bouts de l’étole.

Dans la Bible de Charles le Chauve, les chanoines qui présentent le livre à l'empereur portent l’étole sous la dalmatique, comme dans le manuscrit de l’Arsenal. Ces bandes très étroites, en argent, avec franges rouges, nous paraissent descendre trop bas pour qu’on puisse y voir les pendants de la ceinture. (PI. CDLXVIII.)

Les autres miniatures de ce manuscrit nous montrent des personnages en costume liturgique dans des scènes étrangères aux fonctions sacrées, avec l’aube, la dalmatique, la chasuble, mais l’étole n’y paraît pas.

Le canon de l’église de Metz (Bibliothèque nationale, 1141) nous donne la représentation de deux archevêques au ive siècle, habillés pontificalement et portant sous leurs dalmatiques des étoles qui descendent jusqit’au-dessus de la cheville. Elles sont bordées d’un fort liséré; l’une a de plus une rangée de perles1. (PL DXXV.)

i. Voyez Arts sompU

M. Quicherat observe avec raison que l’ornemen- ! tation de l’étole à cette époque se rapproche de celle du pallium ; dans la dernière miniature elle est cependant beaucoup plus simple.

Anast. Dolby (Church vestements), je ne sais d’après quel document, donne la figure d’un diacre au ixe siècle qui porte sur l’épaule gauche une large étole toute brodée de croix.

Les objets mentionnés dans le testament de Riculfe, évêque d’Helena1 (-j- 91 5), appartiennent pour ainsi dire encore au ixe siècle, et sans doute pour cela conservent une magnificence dont le malheur du temps ne tarda pas à dépouiller les choses liturgiques. — Ce prélat lègue à son église: « stolas quattuor cum auro, una (sic) ex illis cum « tintinnabulis "2. » Voici les clochettes qui paraissent dans les ornements sacrés et que nous ne cesserons d’observer jusqu’au xm° siècle ; il semble qu’à l’époque carlovingienne on se soit attaché avec un zèle particulier à recueillir les souvenirs et les usages bibliques pour les transporter dans les cérémonies chrétiennes.

L’inventaire de Clermont, qui mérite d’être si souvent cité, mentionne neuf étoles dont deux en drap d’or.

Une des plus curieuses images d’étole que nous trouvions dans les manuscrits français appartient à la Bibliothèque de Troyes; sur un évangéliaire daté de 909, on voit les animaux évangéliques portant une étole au cou ; cette étole est une bande assez étroite, rouge, descendant au-dessous de la ceinture et terminée aux deux bouts par un demicercle frangé. (PL DXXX.)

Nous savons, d’après la vie de saint Odon, abbé (y 9421, que les prêtres après leur ordination la portaient constamment. Martène dit que les diacres l’avaient ainsi toute l’année, et il cite ce trait de la vie de saint Maur :

Plorat et exorat, veniam dura fletibus orat Deponendo slolam, quant toto tempore caram Anni portabat, quant sic vehementer antabat,

Quod sublimatus, quod erat Levita creatus.

En ouvrant la tombe de Morard, abbé de Saint- Germain des Prés au xe siècle, on trouva son

1. Elne était autrefois un évêché qui fut transféré à Perpignan par Philippe II.

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