Smith, Dict., p
Magasin pittoresque 1844, p. 3o3, M. Durand.
dans des losanges, motif du milieu qui ne rappelle plus l’ancienne disposition.
A propos de l’étole orientale, nous devons ajouter quelques mots au sujet d’un ornement distinct, mais qui ne correspond à aucun de nos usages d’Occident, je veux parler de Vépigonation , pièce carrée, large de om45, haute de om70 qui se suspend au cou avec des cordons, en prenant attache au niveau de la ceinture. Il se suspend à gauche.
Il y a une autre sorte d’épigonation qui est réservée aux évêques et qu’on suspend à droite, celui-ci est en forme de losange1.
Sur les panneaux de l’iconostase delà cathédrale du Caire, nous dit M. Buttler (II, 235), toutes les figures portent l'épigonation, ce qui prouve qu’il faisait partie des ornements liturgiques chez les Coptes. L’église des Melchites, Saint-Nicolas du Caire, possède quelques beaux epigonatia, dont les plus remarquables, vieux de deux à trois cents ans, sont tous en forme de losange. L’un, en velours cramoisi, est délicatement brodé en or; il porte aux angles les symboles évangéliques, au centre, un cercle avec quatorze médaillons dessinés par des perles, où l’on voit représentés la sainte Trinité, les apôtres, etc.
Cette forme en losange ne remonte qu’au moyen âge; l’image la plus ancienne que nous puissions citer est du xie siècle, et fait partie des miniatures de notre manuscrit 5q3 de la Bibliothèque nationale, au f° 288. (PI. DXLI1I.) On remarquera que cet ornement accompagne l’étole épiscopale, double et large bande d’or qui descend entre la chasuble et la dalmatique, différente de celles des diacres, que ce manuscrit nous montre aussi.
Dans un rouleau grec de la liturgie de saint Jean Chrysostôme, de la Bibliothèque de Genève, j’ai relevé une miniature du xie siècle qui montre l’évêque revêtu du saccos et de l’étole dont on aperçoit au-dessous les bouts d’or avec leurs franges , mais il n’a pas d’épigonation. Il était
1. Si je ne me trompe, c’est de cet ornement que Simeon de Thessalonique écrit : « Pontifex a zona dependens super genuale fert, quod victoriam adversus mortem, 110stræque naturæ immortalitatem, et robur Dei contra maligni dæmonis tyrannidem validissimum ostendit. »
Il est possible que l’épigonation soit un souvenir du linge dont Notre-Seigneur se ceignit au lavement des pieds.
XIe SIÈCLE.
cependant quelquefois porté sous la chasuble. (PI. DXLIII.)
Le losange est le plus souvent orné d’une croix, mais il offre quelquefois une grande richesse, comme dans le triptyque de la Bibliothèque nationale. (PL DXLIII.) Il porte ailleurs une tête de Christ. M. Butler en cite un avec l’Adoration des mages.
Ornements de l’église russe.
Celui que je rapporte ici provient de l’église russe de Paris; il a om40 de côté, om45 de large; il est garni dans le bas de franges et de glands L
XIe SIÈCLE.
Au xie siècle, la dénomination de stola pour désigner l’étole n’était usitée que par le peuple, comme nous le lisons dans la vie de Léon IX (j- io55), « orarium quod vulgo stola dicitur. »
A Rome, à cette époque, l’étole était une longue et étroite bande qu’on portait entre la chasuble
i. On peut voir dans d’Agincourt, PI. xci, un exemple d'épigonation.
et la dalmatique et dont les peintures souterraines de Saint-Clément nous offrent un exemple dans les acolytes du pape; cette bande, dont on n’aperçoit que les bouts, était crucifère et ornée à ses extrémités d’un petit compartiment carrré ou d’une frange. (PL XII, DLXXXV.)
Moroni cite une figure de Pierre Damien, du xie siècle, qui nous montre un souvenir de l’ancien usage de porter l’étole sur l’épaule gauche.
Le pontifical de la Minerve1 représente l’évêque et les prêtres avec l’étole sous la chasuble. Les diacres, revêtus seulement de la dalmatique, ont souvent l’étole sur une épaule gauche; l’évêque, en la leur imposant, la passe à l’épaule, « induantur « dalmaticis et Episcopus ponat orarium, super « sinistros humeros eorum, deinde assistant indice nato capite ante pontificem . »
Ces étoles sont beaucoup plus larges que celles figurées dans les fresques de Saint-Clément, elles sont fort riches, malgré que le rendu trop concis de ce manuscrit permette peu d’en juger, en or, ornées de quadrillés, de croix, de pointes formant rosaces, enfin terminées par des franges. (Pl. DLXXIV, etc.)
Un manuscrit du xie siècle, conservé dans la Bibliothèque du Mont-Cassin (Cap. de Clericis, p. 7 1), représente deux diacres vêtus de dalmatiques et assistant l’évêque de chaque côté de son trône. Dans cette circonstance, les diacres portent l’étole, peut-être en signe de dignités différentes, celui à la droite de l’évêque sur l’épaule gauche, celui qui est à gauche, sur la droite. Ces étoles sont assez larges, descendent jusqu’au cou-depied et sont garnies dans le bas d’une sorte de palette en trapèze. Comme au pontifical de la Minerve, l’évêque et les prêtres, dans cette miniature, portent l’étole autour du cou, sous la chasuble, avec les deux bouts ramenés en avant. (Pl. DXXIV.)
L’histoire du Mont-Cassin nous apprend qu’au xi0 siècle les étoles brillaient dans le vestiaire de l’abbaye par leur nombre et leur richesse : « Stolæ
i. Voy. cTAgincourt, Pl. xxxvn, et les calques que nous en avons faits nous-même, Pl. XLl, CXCVII, XIII.
Ce manuscrit, d’après de nouveaux travaux, a été attribué à la deuxième moitié du x” siècle.
ETOLES.
« deauratæ cum manipulis suis 19, de argento « cum manipulis suis 3, stolæ aliæ 18, sémite cintia 7, etc. 1 »
Déjà, sous Didier, il est question de « stolæ auro <t textæ cum manipulis et semicinthiis suis tt numéro novem 2 », etc.
Ces textes justifient le pontifical de la Minerve, qui nous présente des étoles d’or.
D’Agincourt publie un exultet qu’il attribue au xie siècle et qui peut donner lieu aux memes observations que le manuscrit de la Minerve; l’étole sur l’épaule gauche, pour les diacres habillés en dalmatique, est passée autour du cou pour les évêques en chasuble. — Ces étoles paraissent fort riches, elles sont ornées de compartiments alternativement quadrillés, dorés, ou avec croix de Saint-André, et se terminent par des franges3.
Yves de Chartres ( 1 040 -j- 1 1 1 5) nous dit que de son temps l’étole était une bande suspendue au cou et qui descendait à droite et à gauche : « a collo per « anteriora descendens dextrum latus ornât et « sinistrum. » Il s’agit évidemment du prêtre, comme nous en informe le livre sur les sacrements, attribué à l’évêque de Paris, Guillaume (xme siècle), et dans lequel nous lisons que cette manière est, pour le prêtre, le souvenir de la puissance sacerdotale qu’il possède intégralement : « Sacerdoti in utroque humero ponatur stola ut « ostendatur quod ei plena potestas dispensandi « sacramenta datur. »
La fameuse tapisserie de Mathilde, au musée de Bayeux, prête à l’archevêque Stigant une étole étroite, bleu clair, terminée par un trapèze rougeâtre et des franges. iPl. DLXXVI.)
Les miniatures de la Bibliothèque nationale, de la vie de saint Aubin4, peuvent être rappelées ici parmi les monuments français; elles témoignent de la grande richesse de broderies que nos pères aimaient à leur donner. (PL CCLXIX-DLXXXII.) Dans la scène oit le saint évêque distribue les eulogies, il porte une très large étole partagée en carrés avec rosaces, alternativement bleus,