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TEMPS APOSTOLIQUES

La thèse protestante contre les autels primitifs tombe devant les preuves multipliées dont abondent les écrits apostoliques.

Saint Paul constate l’existence d’un autel lorsqu’il dit : « Habemus altare ex quo non habent jus edendi « ii qui in tabernaculo ministrant ». — L’histoire du grand apôtre arrivant au milieu de l’Aréopage et racontant qu’en passant sur le forum d’Athènes il a vu douze autels dont l’un dédié au Dieu inconnu, est une preuve implicite *.

Une tradition rapporte que le prince des apôtres, saint Pierre, sortant de Naples par la porte Nolana, trouva un autel dédié à Apollon et qu'il y célébra la messe ; c’est là qu’on éleva depuis une église appelée S. Pietro ad aram. On trouve ce fait mentionné dans la vie de saint Asprenus 2.

Martial, disciple des apôtres, dans une lettre aux Aquitains, parle d’un autel consacré à saint Étienne ; le texte doit être cité, car il expose clairement la doctrine de l’Église sur la nature du culte que nous rendons aux saints sur les autels : « Dum altaria dæmo- « num in pulverem redigerentur, aram Ignoti Dei ad « consecrationem reservari jussimus : qua dedicata « innomine Dei Israël etipsius testis Stephani quipro « eo a Judæis passus est ; non hominis cultum, sed « Dei in eo frequentatis. Stephanus enim non Deus, « sed amicus Dei fuit qui pro testimonio ejusanimam « suam posuit, cujus sanguine ipsa mensa est deco- « rata 3 .» Baronius disait que de son temps on conservait encore cette pierre sacrée dans l’église de Saint-Seurin de Bordeaux v. Je ne sais si c’est la

1. Philostrate (111e siècle) rappelle qu’il y avait déjà â Athènes des autels érigés aux dieux inconnus; Laërce dans Epiménide, Pausanias, etc., font la même remarque; saint Jérôme, saint Chrysostôme en parlent.

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