Thesaur. ant. sacr., vol. X
2. Illustration calol. — Boletino eclesiastico del Arzpbispado de Santiago.
3. Nous croyons intéressant de reproduire à ce propos la lettre du savant explorateur de la Palestine :
« Un monument qui m’a vivement intéressé est le sanctuaire de la Transfiguration sur le Thabor. Jusqu’à présent on signalait à la vénération des fidèles, comme la crypte du sanctuaire, deux petites chambres voûtées et souterraines, mais les fouilles exécutées en 1874, sur cette montagne célèbre, par les Franciscains de Nazareth doivent faire abandonner cette tradition et c’est un peu plus à l’est qu'il faut reconnaître l’endroit où Notre -Seigneur s’est transfiguré devant trois de ses disciples. En effet, en déblayant vers la pointe sud-est, le plateau supérieur du Thabor, ces religieux ont trouvé, sous une masse énorme de décombres, les restes de deux chapelles; la première était petite, il n’y avait qu’une abside. Cette chapelle était probablement celle de Moïse. La seconde beaucoup plus considérable paraît avoir eu trois nefs et renfermait sous la nef centrale une crypte longue de 30 mètres et large de 6, dans laquelle on descendait par un escalier de 1 2 marches ; au fond est un autel encore à moitié debout. Cette crypte, en grande partie taillée dans le roc, est à mes yeux d’un prix inappréciable. Je la crois, en effet, contemporaine des premiers siècles de l’Eglise et appartenant au sanctuaire primitif érigé sur le Thabor sous le titre de Saint-Sauveur. La chapelle qui la contenait a pu être détruite et relevée plusieurs fois, mais elle a pu toujours échapper aux ravages et aux restaurations qui ont nécessairement altéré lé caractère de l’édifice sous lequel elle s’étendait.
« V. Guérin. »
M . Ganneau m’a communiqué les dessins d’une pierre couverte de peintures romanes qu’on voit à Betphagé et qui désigne l’endroit où le Sauveur monta sur l’ânesse avant d’entrer à Jérusalem Cette pierre fait partie du roc. Peut-on croire qu’elle ait servi d’autel ? elle n’en a pas le caractère, et il est peu probable que la sainteté du lieu ait exempté ses constructeurs de l’obligation des reliques pour lesquelles aucun loculus n’a été ménagé.
Les Bollandistes mentionnent l’autel de terre érigé en Provence parles trois Maries2.
Ces documents sur les premiers autels sont trop incertains pour que nous nous bornions à les rapporter, sans en chercher d’autres plus positifs.
On doit considérer la table de la cène comme le premier autel où s’effectua la consécration du pain eucharistique; comme nous l’avons dit dans nos études iconographiques sur l’Évangile, N otre-Seigneur pendant ce repas était couché selon l’usage romain ayant devant lui la table des triclinia. La forme de ce meuble la plus ordinaire était la mensa tripes. Horace (1 Saty. du Ier liv.) la mentionne ainsi :
. . . . Sit mihi mensa tripes
Et concha salis puri. . . .
Ovide montre combien elle était commune chez les gens de médiocre fortune, en rappelant celle de Philémon et Baucis. {Met., vm, 660.)
. . . Mensam succincta tremensque
Ponit anus mensæ sed erat pes tertius impar.
Nous en trouvons des images dans les mosaïques bibliques de Sainte-Marie-Majeure, sur un tombeau de l’hôpital du Latran et sur une multitude de marbres profanes3.
Les artistes chrétiens l’adoptèrent comme formule iconographique pour représenter la cène. Le musée de Latran possède un petit bas-relief très-intéressant : quatre personnages étendus dans un triclinium mangent et boivent autour d’un guéridon soutenu par trois pieds en forme de lions. L’Ictus sacré est posé sur la table et prouve clairement le symbolisme de la