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AUTELS PRIMITIFS

IOI

cène et de l’autel ; l’autre partie du marbre est occupée par un lecteur assis, devant lequel une orante lève les bras. Dans les fresques du cimetière Calixte on trouve ces mêmes trépieds pour la célébration des saints mystères, une fois avec le poisson, le pain, et les sept corbeilles placées au pied en souvenir du repas de la mer de Tibériade, une autre fois dans la fameuse consécration dont nous avons déjà parlé; il n’y a pas, surtout dans cette dernière peinture, à douter de la pensée de l’artiste qui a voulu représenter un autel ; avait-il l’intention de copier la table de la cène, telle que les salles à manger lui en offraient le modèle, cela est probable, et il est plus probable encore qu’il imitait les meubles que l’on avait transformés en autels dans les oratoires domestiques ; les apôtres en arrivant à Rome choisirent sans doute les tables à manger pour célébrer les saints mystères, soit pour rappeler le mystère du cénacle, soit à cause du transport facile qu’offraient ces petits meubles.

Ces trépieds dans les demeures somptueuses étaient en marbre ou en bronze; dans les maisons des pauvres, comme celle chantée par Ovide, ils étaient de bois. La couleur et la ténuité que le peintre a données à ceux du cimetière Calixte laissent supposer qu’ils étaient en bois, on ne saurait douter en effet qu’un grand nombre d’autels primitifs fussent de cette matière dont la fragilité nous a dérobé la plupart des reliques.

Autel de Saint- Je an deLatran. (PI. XXIII.) Les autels les plus célèbres sont ceux que la tradition fait remonter à saint Pierre ; de ce nombre est l’autel de Saint-Jean de Latran. Ce n’est pas une table, mais un coffre haut de plus d’un mètre, large de 2m 35, profond de im 20. Il est composé de planches d’environ om 30 jointes ensemble, en sapin jaune clair à larges veines. Dans le milieu est incrustée en marqueterie d’un bois plus foncé, une petite croix grecque de om 22 sur om 27, ornée d’une poste encadrée par deux filets; d’après son style elle ne paraît pas fort ancienne. De côtés, quatre anneaux servaient autrefois à transporter ce coffre-autel 1 .

Je n’ai pu retrouver mention de cette relique dans l’antiquité. La description du Latran faite au xne siècle parle, il est vrai, d’un autel de bois qui serait une image de l’arche d’alliance : « Ejusdem ecclesie ara « principalis in archa federis Domini, vel, ut aiunt, « archa est interius et altare ad mensuram longitudi-

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