Ptolem. Lucensis
4- Quod si B. Silvester postea in consecratione altaris principis apostolorum decrevit ut deinceps nisi ex lapide altaria non ædificarentur ; tamen Basilicæ Lateranensis altare fuit è ligno erectum : quod mirum non est. Nam cum a sancto Petro usque ad Silvestrum, propter persecutiones, Pontifices certo loco consistere non possent quocumque eos nécessitas compulisset, sive in cryptas, sive in ccemeteria, sive in ædes piorum, super illo altari ligneo ad arcæ similitudinem concavo sacra faciebant. Quo altari sanctus Silvester, reddita Ecclesiæ pace honoris causa principis apostolorum, qui in illo sacrificasse dicitur, et reliquorum Pontificum qui usque ad id tempus ad mysteria conficienda eo usi fuerant, in Lateranensi prima ecclesia collocato, sancivit, ne quisquam in eo, præter romanum Pontificem, missam deinceps celebraret. (ix novembris — Breviarium romanum in quo officia SS. Ordin. S. P. Francisci inter officia romana disponuntur. — 1696.)
Voici un texte d’Eusèbe qui confirmerait la tradition :
(Eusebius, Orat. de laudibus Const., referente Casalio De vet. christ, ritibus, c. xxxm) •: Etsi B. Sylvester in consecratione altaris principis apostolorum decreverit, ut deinceps nonnisi ex lapide altaria ædificarentur. Tamen Basilicæ Lateranensis altare fuit e ligno erectum, nam cum a sancto Petro usque ad Silvestrum propter persecutionem nécessitas compulisset sive in cryptas, sive in ccemeteria, sive in ædes
AUTELS
viaire romain1, fit un autel de bois dans lequel il renferma non-seulement les têtes des glorieux apôtres mais aussi un autel portatif également en bois, sur lequel ses prédécesseurs, voire même l’apôtre saint Pierre, avaient célébré. » Nous trouvons ici l’explication très-rationnelle de la relique qui n’est pas le coffre lui-même, mais une table beaucoup plus petite, qu’il renfermait, qui ressemblait sans doute à nos trépieds des catacombes et qui a disparu. L’usage de recueillir ainsi les reliques dans des coffres de bois remonte à une époque fort ancienne et émane peutêtre comme au Latran de la pensée d’imiter l’arche d’alliance. Grimaldi dans un manuscrit conservé à la bibliothèque ambroisienne rapporte qu'il vit à Rome en 1618 exposé sur l’autel du Panthéon un coffre extrêmement vieux et fermé par un grand nombre de serrures2. Le même savant, dans son catalogue des reliques vaticanes, cite plusieurs coffres servant de reliquaires *.
On vénère à Rome une autre relique d’autel de saint Pierre dans la basilique Sainte-Pudentienne ; c’est peut-être la même qu’Aringhi nous signale à Sainte-Praxède : « Il existe, dit-il, dans cette église à droite de l’entrée un autel de bois fait en manière d’arche, sur lequel le bienheureux Pierre, pendant qu’il recevait l’hospitalité de Pudens, célébrait, ainsi que le rapporte une pieuse tradition, un sacrifice au Dieu immortel. La table de bois est toute rongée par le temps, elle se trouve placée sous un autel de pierre où l’on a dressé la statue du prince des apôtres avec cette inscription :
In hoc altari sanctus Petrus Pro vivis et defunctis ad Augendam fidelium multitudinem Corpus et sanguinem Domini offerebat 4
J’ai relevé à l’extrémité du collatéral gauche de la basilique de Sainte-Pudentienne cette même inscrip-
piorum ; super illo altari ligneo ad arcæ similitudinem concavo sacra faciebant.
Malheureusement ce passage que Casali attribue à Eusèbe ne se trouve dans aucune autre édition et il est à craindre qu’il ne se soit mépris et ne lui attribue ce texte d’un autre auteur. (‘ Thésaurus ant. sacrar., cccxxx.)