Aringhi, II, p
Thiers, Des autels, p. 8.
Mabillon, Itin. liai., 60.
tion qui nous signale sous l’autel la présence du vénérable bois; l’identité de l’inscription semble bien garantir celle de la relique, cependant M. l’abbé Pallard nous écrit que le gouvernement a depuis peu fait restaurer l’autel et qu’on y a trouvé un fragment de bois en excellente conservation et comme neuf, ce qui ne s’accorde pas avec la description précédente ; mais il est possible qu’on n’ait gardé dans la translation que les parties intactes de la relique.
Nous lisons dans le Bulletin monumental que le célèbre sanctuaire de Rocamadour 1 possède un autel de bois de la plus haute antiquité.
On peut confirmer l’authenticité de ces reliques primitives par les écrits des Pères où l’existence d’autels de bois apparaît clairement 2. Nous lisons par exemple dans une lettre de saint Athanase [Epist. ad solit.) que les Ariens brûlèrent une table de bois où on célébrait le saint sacrifice dans l’église d’Alexandrie :
« cum rapuissent subsellia et cathedram et mensam [erat enim ligne a)... »
Saint Optât 3 raconte le sacrilège des Donatistes qui brisèrent et emportèrent des autels de bois : « Alio loco copia lignorum frangi jussit, alio ut alta- « ria raderent lignorum inopia imperavit, ut removo- « rentur jussit. » Ailleurs il dit encore (lib. VI): « Quis fidelium nescit, in peragendis mysteriis ipsa « lignea linteamine cooperiri ? inter ipsa sacramenta « velamen potuit tangi, non lignum. Aut si tactu « posset penetrari velamen, ergo penetrantur et ligna, « penetratur et terra. Si a vobis lignum raditur, et
« terra, quæ subter est, fodiatur 4. »
Saint Augustin 5 remarque que Maximien, évêque de Bagai en Afrique, fut massacré sous un autel de bois que les Donatistes enfoncèrent sur lui : « ... Hanc « ( basilicam) cum jure perspicuo retineret, in eâ ipsa « sub altari, quo confugerat, eodem supra se fracto « ejusque lignis aliisque fustibus, ferro etiam cru- « deliter cæsus, totum ilium locum sanguine opple- « vit. »
1. XIX, § 18. Je n’ai pu vérifier l’exactitude du renseignement ; l’autel qu’on fait remonter à saint Martial est formé d’une dalle chanfreinée qui fait saillie sur la maçonnerie.