Storia dell’ orat. Sancta Sanctorum
2. M. de Rossi par une merveille de sagacité a pu restaurer toute cette inscription à l’aide d’un fragment où trois lignes commencent par H.
Northcote, p. 197.
sa chaire épiscopale, ou du moins si près d’elle qu’elle fut recouverte de son sang >. Dans tout le cours de l’histoire des autels nous n’en trouverons certainement aucun illustré par de si glorieux souvenirs.
M. de Rossi estime que ce fut le pape Damase qui, pour fortifier les parois du sanctuaire et y placer les épigraphes, ferma la niche et l’autel primitif, et qu’il le remplaça par un autel isolé, placé devant la chaire épiscopale, sur le gradin de marbre qu’on voit encore. Qu’il y eût dans cette crypte un autel, Damase le témoigne dans ce vers :
Hic numerus procerum servat altaria Christi.
Le même vers indique que cet autel ne fut pas un sépulcre spécial et que toute la suite (schiera) des proceres garde l’autel du Christ. Les restes des Papes étant disposés dans les loculi des murailles, la table sacrée érigée dans le milieu leur était commune.
lllllllIlIllllllllHllllllIllilIlllllil M. de Rossi a
bien voulu me conduire lui-même sur les lieuxet me montrer les encastrements peu profonds où s’agrafaient les bases de l’autel; je les ai mesurés comme on le verra sur le relevé ci-joint : les deux entailles postérieures sont régulières et laissent supposer l’existence de deux pilastres carrés, les deux antérieures
Vestiges de l’autel. sont &u contraire
inégales et laissent croire que le devant de l’autel était composé de trois fragments de marbre, le plus petit de 0" 15 attaché aux deux autres par des crampons de bronze. La longueur totale du devant de l’autel, suivant ces données, égalait om 80.
1. De Rossi, Rottia Sotter., n, 22. — Northcote. — (Allard), p . 189.
CATACOMBES
Les catacombes nous offrent encore un autre type d’autel, élevé près de l’ancien sarcophage de saint Corneille et qui remplaça la table de ce tombeau quand la niche qui le contenait fut fermée : c’est une simple colonne surmontée de peintures plus modernes ; l’importance de ce monument mérite de fixer quelques instants notre attention, et exige que nous entrions dans plusieurs détails.
Le tombeau de saint Corneille est placé dans une vaste galerie, un peu élargie au milieu en forme de chapelle 1 . Il consiste dans une excavation égale en largeur à trois ou quatre loculi et ayant à peu près la forme d’un arcosolium, si ce n’est qu’au lieu d’être surmontée par une arche cintrée elle forme une niche carrée, mode de construction beaucoup plus ancien. Ordinairement une certaine usure dans la muraille, une sorte de rainure creusée par le frottement, indique l’endroit sur lequel s’appuyait la table de marbre qui bouchait l’ouverture du tombeau et servait d’autel. Ici on ne voit aucune trace semblable. Cette circonstance, jointe aux dimensions extraordinaires du tombeau assez vaste pour contenir trois ou quatre corps, nous fait croire que les reliques de saint Corneille n’y étaient pas immédiatement déposées, mais étaient enfermées dans un sarcophage qui était comme enterré dans ce vaste sépulcre. Le couvercle de ce sarcophage servait naturellement d’autel. M. de Rossi cite plusieurs exemples de sarcophages ainsi placés dans un arcosolium non fermé et employés pour la célébration des saints mystères 2. Le'tombeau de Corneille, qui, à l’origine, comme nous l’avons dit, n’était point fermé, fut plus tard bouché par une plaque de marbre très-épaisse, sans doute pour consolider la muraille ébranlée par les travaux trop hardis du pape Damase. Le mot marmore, dont les premières lettres existent encore sur un des fragments de l’inscription, semble une allusion à cette œuvre ; n’en peut-on conclure qu’il s’agit, dans l’inscription, de ce travail d’achèvement et de consolidation et que le pape Sirice en fut l’auteur?
A droite de ce tombeau deux grandes figures sont peintes sur le mur en style bysantin ; la légende écrite à côté de chacune d’elles indique que l’une représente saint Corneille et l’autre saint Cyprien. Cette peinture n’est pas la première qui ait décoré cette mu-
x. Northcote (trad. d’Allard) nous fournit la description qu’on va lire p. 237.