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raille ; on peut encore distinguer la trace de peintures plus anciennes que celle-ci et recouvertes. Des graffites semblent remonter au commencement du ixe siècle, ils nous rappellent les noms d’ecclésiastiques qui ont offert en ce lieu le saint sacrifice ou des fidèles qui y ont pris part. SER PRB (Sergius presbyter) BENE-
NEDICTVS (sic) PRB - 1- ANCITALA PRB
KiPrIANVS DIACONVS — LEO PRB. — Nous attribuerions volontiers ces peintures à Léon III (795- 815), carie livre pontifical nous dit qu’il « renouvela les cimetières des Saints-Sixte et Corneille sur la voie Appienne ».
C’est devant ces fresques qu’on éleva, lorsque le tombeau de saint Corneille fut fermé, la colonne qui le remplaça comme autel. — Les graffites dont nous venons de parler et qui la surmontent nous prouvent cet usage. On voit dans les catacombes des tronçons de colonnes qui pouvaient faire fonction de lampadaires, mais cette foule de prêtres qui ont tenu à laisser leurs noms et leur souvenir près des reliques n’a pu être réunie là par le hasard, et nous devons convenir qu’ils venaient y célébrer la messe. Prudence, dans son poëme sur saint Hippolyte, nous dit :
Ilia Sacramenti donatrix mensa eademque Custos fida sui martyris apposita Servat ad æterni spem indicis ossa sepulcro Pascit item sanctis Christicolas dapibus.
Et avant ces vers il avait écrit : « Propter ubi apposita « est ara sacrata Deo; » tellement il est clair que la table dispensatrice du sacrement n’était pas toujours, au ive siècle, la pierre elle-même qui la fermait, mais un autel propter apposita, c’est-à-dire placé devant ou à côté du sépulcre.
La colonne que nous étudions n’est pas en marbre, elle est composée de rangées de briques; son diamètre est de om 60 et sa hauteur qui convient parfaitement à l’usage de l’autel égale 1 mètre ; elle ne s’élève pas précisément au milieu du pilastre auquel elle touche. L’enduit qui la recouvre est différent de celui du pilastre.
Eusèbe, en restaurant le cimetière de Saint-Paul, vers le vie siècle, « fabricavit mesas.(mensas) at (ad) martyres ». Ces mensas équivalent à aras, et le mot fabricavit indique des tables isolées ou adossées aux sépul-
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AUTELS
cres des martyrs et non de simples dalles de marbre posées sur les arcosolia.
On a trouvé dans les catacombes de petits objets de terre cuite où M. l’abbé Gareiso 1 croit reconnaître des autels. Il sont accompagnés de deux lampes attachées aux côtés. Il yen avait d’autres en pierre, carrés et ornés de bas-reliefs et d’attributs choisis dans l’ Ancien etle Nouveau-Testament. Je n’oserais meprononcer aussi explicitement, car ils peuvent avoir servi de candélabres ou de bases aux vases qui servaient à brûler des parfums en l’honneur des martyrs.
M . de Rossi 2 range les arcosolia dans la quatrième sorte d’autels qu’on trouva dans les cimetières; après nous être occupé des précédents, nous donnerons, à la suite de l’éminent archéologue, quelques détails sur ceux-ci.
Les sarcophages monolithes surmontés de niches quadrangulaires sont rares et doivent dater des plus anciens temps. Lorsque la niche, ce qui est très-fréquent, prend la forme d’une arcade, elle s’appelle arcosolium. Solium est le terme en usage pour désigner l’arche sépulcrale ; plusieurs incriptions, dont une du ine siècle, font mention d'arcosolium ou arcusolium — arcisolium. Depuis la seconde moitié du me siècle et pendant tout le ive, l’usage des arcosolia fut le plus répandu dans les cimetières.
Le sarcophage ainsi abrité et sur lequel on disait la messe était recouvert d’une dalle appelée mensa. La différence entre tabula et mensa c’est que la première était posée verticalement, et que la seconde, selon la définition de Du Cange, est « lapis qui sepulcro insternitur ». L’usage de ce mot dans le sens d’autel, à propos des sépulcres des martyrs, semblerait signifier non une mensa quelconque, ni yn autel portatif, mensa Domini, mais la mensa même du sépulcre. Ainsi en Afrique les Donatistes voulant honorer comme martyrs des Circoncellions tués dans un tumulte qu’ils avaient soulevé, construisirent des sépulcres en guise de arce ou de mensœ dealbatce 3. Là où il n’existait pas de sépulcre de martyr, l’autel érigé en sa mémoire s’appelait « mensa ». Dans le lieu près de Carthage où Cyprien fut décapité : « Mensa Deo constructa est,