‹ La messeChapitre 117 sur 346 · VI KALE. NOVEMBRIS CO . DIC VI · texte numérisé non relu

VI KALE. NOVEMBRIS CO . DIC VI

Toute la chapelle n’a pas 3m 50 de large. Autrefois l’archevêque avec son clergé y venait chaque année célébrer la messe, mais peu à peu l’église de Saint- Gaudiosus fut délaissée et en 1569 les eaux envahirent l’hypogée. Quelques années après, l’archevêque de Carafa ayant envoyé reconnaître les lieux, on y retrouva, outre le tombeau et la chaire épiscopale qu’on a mise dans le chœur de l’église, une trèsancienne image de la Sainte-Vierge qu’on vénère aujourd’hui derrière l’autel de l’église supérieure sous le’titre de Santa-Maria-della-Sanità.

Cet arcosolium a le privilège d’être daté. Saint Gaudiosus chassé d’Afrique par la persécution vint se réfugier à Naples vers 440 et y construisit un monastère où il mourut. L’indiction inscrite sur son tom¬

beau se rapporte aux années 453-468 et nous donne l’âge du monument 1 .

J’ai aussi relevé un arcosolium à Rome dans la , catacombe de Saint-Sébastien. Je ne pense pas qu’il ait servi d’autel parce qu’il se trouve le long d’une galerie, mais je l’ai gravé à cause d’une disposition curieuse, celle d’un caveau pratiqué sous le tombeau supérieur, disposition qui ressemble à celle d’une confession.

Les saints mystères qui étaient célébrés sous les arcosolia avaient le dessus d’un sarcophage pour table d’autel; on ne saurait contester que ces marbres n’aient quelquefois eu ce privilège, mais il est trèsdifficile de les discerner. Je dirai même que, construits presque toujours après la paix de l’Église, où il n’y avait plus de martyrs à ensevelir, ils durent bien moins souvent que les anciens tombeaux recevoir cette destination sacrée. S’il est embarrassant de désigner les sarcophages employés comme autels à l’origine, il est aisé d’en signaler qui ont plus tard été employés à cette fonction. M. Le Blant2 cite celui de Saint-Piat; on s’est assuré qu’il servait d’autel à l’ancienne église en retrouvant à l’extrémité de l’abside un massif de maçonnerie qui présentait exactement sur toutes ses faces les dimensions du sarcophage. Ce monument a 2 mètres de longueur, om 57 de hauteur; les petits côtés ornés d’imbrications ont om 75 ; la face principale est divisée par des colonnettes en sept arcades où l’on voit en haut-relief figurés les douze apôtres, quelques-uns avec des volumens en main.

Il existe encore aujourd’hui aux Saintes-Maries (Bouches-du-Rhône) un sarcophage antique servant d’autel; sur le devant deux génies ailés soulèvent un cartel.

Peiresc, dans un de ses manuscrits de la Bibliothèque nationale3, mentionne un sacorphage-autel à Manosque, au milieu duquel on voit la résurrection du Sauveur, la croix surmontée de deux colombes et du monogramme entouré d’une couronne et accosté du soleil et de la lune; au pied de la croix deux guerriers avec lance et bouclier; à gauche de ce motif central six apôtres tenant des rouleaux, Adam et Ève avec le serpent; à droite six autres apôtres et les jeunes gens dans la fournaise. Peiresc en donne un dessin avec

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