Thiers, p
gia sous l’autel comme dans un asile1 ; en effet l’autel se trouvait dans le saint des saints, au milieu du sanctuaire environné de clôtures, comme nous l’apprend la description de l’église de Tyrpar Eusèbe2. Rien n’était plus saint que l’autel, où saint Grégoire de Naziance nous apprend qu’on adorait le corps du Christ comme dans nos églises, où saint Optât nous montre le trône du Christ : « In quibus membra Christi « portata sunt... — Cujus illic per certa momenta « corpus et sanguis habitabat... ubi corpus Christi « habitabat3. »
Les approches de l’autel étaient défendues par le plus sévère respect. Le concile de Laodicée (364) défend aux femmes de franchir les chancels4, privilège accordé seulement aux hommes engagés dans les ordres sacrés.
Il ne faut pas s’étonner de voir paraître, dans le même temps que les riches travaux d’orfèvrerie dont nous avons parlé tout à l’heure, de simples autels de bois ou de pierre, car alors, comme nous le verrons par la suite sur les mosaïques de Ravenne, les tables saintes étaient recouvertes d’étoffes en lin, variées, de riches tapis et d’ornements d’or. Théodoret (387-458) nous le dit formellement5 et Victor d’Utique nous le confirme en ces termes 6 : « Ariani rapaci « manu cuncta depopulabantur atque de palliis altaris,
« proh nefas, camisias sibi et femoralia faciebant. » Saint Chrysostôme (344-407) 7 mentionne les tapis d’or dont on recouvrait l’autel : « Quod hinc emolu- « mentum consequitur, tapetes auro intertextos paie rare mensæ; ei autem (pauperi) velamina necessaria « ne gare. »
Les fleurs, un des plus beaux ornements de l’autel, qui n’ont été oubliées dans aucun temps, étaient déjà au ive siècle entassées autour des tables sacrées par la piété des fidèles.
Saint Augustin 8 raconte qu’un certain Martial, dont la fille était chrétienne, refusait le baptême, quoiqu’il fût sur le point de mourir ; son gendre eut alors l’idée